ACROBATE
Le Cirque un samedi,
De gradins en gradins Penchés, le cou tendu, pour voir la corde raide, Où se cambre en jonglant le danseur Ganymède, Au maillot blanc brodé de lys incarnadins, Impures et gommeux, foule embaumée et laide, Font la haie, et fixant tendresses et mondains De son œil d'acrobate empli de froids dédains, Gany, canaille et calme, interrompt Tintermède.
Il promène insolent son regard clair et pâle De la rousse Épinglée au suave Aminci.
De laquelle et duquel hélas n*est il ici L'amant ou le rival heureux ?
En raccourci Il présente au public un torse large et mâle Et les joyeux hurras font rage dans la salle.
A Armand Silvestre.
Comme autant de jolis oiseaux, Nichés dans les valenciennes.
Charmants, les ûls des Parisiennes Gazouillent d'Auteuil à Monceaux,
Pleins de hauteurs patriciennes, Nimbés d*or sous leurs grands chapeaux Ils ont des airs d'enfants royaux Des peintures vénitiennes.
Avec des dédains d'étoumeaux Ils discutent comédiennes, Rente et valeurs tunisiennes.
Et faits divers des grands journaux
Et, méprisant les plébéiennes Dans leurs affreux petits sarreaux^ Tandis qu'ils sont froids et fiérots, Les vrais beaux ûls des Parisiennes,
Le couturier aux fins ciseaux, Qui taille dans la soie ancienne Leurs toilettes comme la sienne, Passant au trot de ses chevaux Des Parisiennes dé Monceaux Est encor la plus Parisienne!