‹ ModernitésChapitre 63 sur 65 · PRINCE HÉRITIER · texte numérisé non relu

PRINCE HÉRITIER

A Élémir Bourges,

Râblé, roux et velu: des paupières meurtries Sur d'étranges yeux verts, des éclats de métal Dans la voix sourde et basse, instinctif, animal Il est le digne enfant de ces races pourries,

* Il a d'abord aimé les bougres d'écuries,

Les boys, les palfreniers, les lutteurs et le bal

A soldats, puis le bouge, où le plaisir brutal

S'achète au prix du sang des rouges soûleries.

Maintenant ce beau âls hautain et crapuleux,

Aime un corps blanc de femme aux gestes onduleux,

A la parole lente^ à la bouche haineuse.

Une âme italienne habile aux trahisons, Qui distille et cuisine en riant les poisons, Glauque amour de chat-tigre et de fleur vénéneuse.

LE CRÉPUSCULE DES DIEUX 119

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