AT ES
Des observations faites ultérieurement par Stadtfeld, Lohlein, Olshausen et Pollack confirment cette fréquence des dilatations.
Jolly, dans une statistique considérable portant sur 846 autopsies de femmes mortes en période de gravidité ou de puerpéralité constate que les uretères sont dilatés 115 fois soit dans 13,6 % des cas. Il s’agissait presque toujours de femmes mortes d’éclampsie ou d'infection puerpérale. Le degré de la dilatation était variable rarement au-dessus de 20 millimètres, le plus souvent de 7 mm. 5 à 15 millimètres.
Le siège est constant, il occupe toujours le segment supérieur, lombo-abdominal de l’uretère. La dilatation s’arrête presque toujours au niveau du détroit supérieur ; la dilatation généralisée à l’uretère tout entier est beaucoup plus rare. Jolly constate enfin que l’uretère droit est lésé infiniment plus que V’uretère gauche. Lorsque les deux uretères sont dilatés, la dilatation prédomine à peu près toujours sur l’uretère droit.
B) Renseignements donnés par la pyélographie.
Krestchmer et Sproot Heancy publiaient, dès août 1925, dans The Journal of the American Med. Association une étude pyélographique sur « La dilatation de luretère et du bassinet pendant la grossesse ».
Ce premier travail sur l’état des voies urinaires
M Tee
supérieures au cours de la grossesse normale, fut suivi de nombreuses recherches faites en tous pays.
En Allemagne, Kammiker a constaté à la fin du 5e mois la dilatation des uretères dans toute leur partie abdominale et l'élargissement des calices de 2e ordre, ainsi que du bassinet et enfin des calices de 1eT ordre. En même temps, s’accentuent les courbures des uretères.
Les mêmes remarques sont faites par Devraigne et Petit auxquels les urétéro-pyélographies ont montré « la forte distension du conduit urétéral associée à une coudure en siphon très accentuée » ceci Joint à une diminution de calibre « au niveau de la partie inférieure du conduit ».
Dans le Zentralblatt f. Gynäk du 2 mai 1931, Simon et Navratil notent eux aussi la dilatation urétérale et ajoutent : (Les uretères, dans la gestation forment un arc à convexité externe et présentent souvent une coudure sur certains points du parcours abdominal. » De plus, les pyélographies par l’Abrodil leur ont montré qu’à partir du 52 ou 6€ mois, le rein droit commence à remonter. À ce moment, cet organe est à la même hauteur et parfois plus haut que le gauche, son pôle inférieur se trouvant à la hauteur du corps de la 2€ lombaire, et le bassinet à la hauteur de la 17€ lombaire. Et ils ajoutent que « les radiographies de Schumacher témoignent du même phénomène, bien que cet auteur n’en ait pas fait la remarque ».
Saitz a étudié les uretères dans 25 cas de gravidité
et 1l a observé 19 fois une dilatation qui atteignait 12 fois les deux uretères et 7 fois l’uretère droit seul. Dans 9 cas, la dilatation s’arrêtait à la ligne innominée et dans 5 cas, elle s’étendait au-dessus et au-dessous.
Guthmann et Ehrardt, enfin, ont fait leurs observations à l’aide de luroselectan sur 35 femmes enceintes saines. [ls ont constaté que la dilatation pouvait être énorme, atteindre par exemple deux diamètres de pouce, au-dessus de la ligne innominée, sans provoquer d’inconvénients.
En prenant des radiographies frontales et obliques, ces auteurs ont pu constater que la section transver. sale des uretères n’était pas circulaire, mais ovalatre, avec grand diamètre antéro-postérieur. En outre, les uretères prennent, pendant la grossesse une direction particulière : ils se déplacent en avant et latéralement et sont ainsi moins exposés à la comipression. |
y) La pyéloscopie.
C’est en 1927 que Vaudescal, de Beaufond et Porcher ont fait connaître les résultats de leurs recherches sur le canal excréteur de lurine, chez la femme enceinte. Ces recherches apportaient à la pyélographie le contrôle constant de la vue. De plus, un appareillage spécial permettait à ces auteurs une grande rapidité tant dans la prise des clichés que dans l’escamotage du cliché impressionné et dans son remplacement par un film vierge.
Aussi ne faut-il pas s'étonner que ces progrès techniques leur aient permis de faire d’mtéressantes constatations.
Pendant une première période comprenant les six premiers mois de la grossesse, il y avait dilatation d’un des segments de l’arbre urinaire 8 fois sur 15 à droite, soit dans plus de la moitié des cas, pendant que le côté gauche ne subissait aucune modification.
Au cours des trois derniers mois de la gestation, 11 cas de dilatation à droite sur 16 examens et de nouveau, côté gauche non modifié. Ajoutons que ces auteurs signalent dans certaines observations : « anse urétérale dilatée », « larges flexuosités urétérales », «nombreuses sinuosités urétérales » et joignent à l’appui de leur texte de nombreux clichés démonstratifs.
Nos observations personnelles, faites soit par pyélographie rétrograde (obs. V), soit par urographie intraveineuse (obs. IT, IIE, IV, VI, VII VIII X, XI) nous ont confirmé les résultats précédents, montrant la grande fréquence des dilatations et des coudures urétérales chez des femmes ‘enceintes dont les urines étaient parfaitement normales.
B. -— MoptFiCATIONS DES VOIES EXCRÉTRICES DANS LES PYÉLONÉPHRITES
Comme précédemment, nous envisagerons les résultats obtenus par examen nécropsiques, par pyélographie et par pyéloscopie.
MS a) Constatations anatomiques.
Fisch a publié avec Le Lorier un intéressant compte rendu de cet ordre, complété par un cliché photographique, où les uretères étaient nettement dilatés du bassinet à la vessie, avec un infléchissement net au niveau du détroit supérieur.
B) La Pyélographie.
Il semble que ce soit à Schickele que l’on doive les premières pyélographies tentées chez des pyélonéphritiques (1912). Elles étaient obtenues après remplissage du bassinet au collargol, il est intéressant de noter la justesse des résultats obtenus, malgré les imperfections de l’appareillage radiologique de Pépoque. Voici ce qu’écrit Chevassu : « On y voit une dilatation manifeste du bassinet et des calices Anférieurs On y reconnaît également des sinuosités de la partie supérieure de l’uretère. »
Puis la guerre passe, de grands progrès se font dans les constructions d’appareillage radiologique, de nouvelles substances opaques aux rayons apparaissent et les observations se multiplient.
Lévy-Solal, Misrachi et Solomon ont publié en octobre 1926 dans Gynécologie et Obstétrique, sous le titre « Pyélographies et pyélonéphrite gravidique » trois observations de pyélonéphrite de la gestation accompagnées de pyélographies obtenus par voie rétrogade, à l’aide de lipiodol. Le cliché correspondant à leur observation n° [IT est particulièrement