‹ Modifications des voies excrétrices du rein au cours de la gestation: Leur influence sur les pyélonéphrites de la grossesseChapitre 28 sur 48 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

Le pronostic est fonction de divers facteurs ; nous allons donc envisager successivement l'influence de troubles de la fonction excrétrice sur la fonction sécrétrice et l’avenir de la fonction excrétrice au delà de l’accouchement.

Déterminant la constante uréo-sécrétoire d’Ambard et l’épreuve de la phénolsulfonephtaléine, dans 60 cas de grossesse, Perez et Rico se sont aperçus que, jusqu’au 6€ mois, les deux épreuves donnent des chiffres normaux. Puis, survient une diminution progressive de l'élimination du colorant qui marche de pair avec une augmentation parallèle de la constante-

La déficience existe au maximum pendant l’accouchement ; le retour à la normale se fait d'autant moins rapidement que les modifications ont été plus marquées.

Les travaux de Cleisz et Laudat, également de 1927, ont confirmé ces faits. Ces auteurs mettent en évidence chez la femme gravide en apparence normale, une légère élévation de la constante (0,083) coïncidant avec une certaine diminution de la perméabilité à la P.S.P.(48 %,) et opposent ces constata-

tions à l’hypoazotémie qu’ils trouvent de règle au cours de la grossesse normale (Az — 0,24).

Pougin a étudié dans sa Thèse (Paris, 1928) le fonctionnement comparé des deux reins, par séparation des urines. Il conclut à une déficience sécrétrice du rein droit qui :

a) Dans les cinq premiers mois porte à la fois sur l’eau, l’urée et les chlorures ;

b) Dans la seconde moitié de la grossesse, la déficience persiste pour l’urée, mais le débit aqueux a tendance à augmenter, principalement « dans les débacles suivant les phases de rétention pyélique ». Quant aux chlorures, substances à seuil, leur concentration, au contraire, tend à dépasser celle du rein gauche.

Il semble assez bien établi, en somme, que, parallèlement à une insuffisance excrétrice dont le maximum siège au niveau du bassinet et de l’uretère droit, existe une déficience sécrétrice prédominant égale-

ment aurein droit.

Cette insuffisance sécrétrice se traduit chez la femme normale par une élévation de la constante. Il s’ensuit que chez toute femme ayant présenté, antérieurement à sa grossesse, une atteinte du fonctionnement rénal, la gestation est une cause adjuvante de ces troubles qui implique une surveillance plus attentive, et un assombrissement léger du pronostic.

Au delà de l’accouchement, la fonction motrice

revient à la normale, plus ou moins rapidement.

Kamniker assure que les dilatations « disparaissent généralement dans le cours d’une semaine ». Un délai beaucoup plus long est imparti par Simon et Navratil qui accordent jusqu’à un an. Il semble que ce sort entre ces deux affirmations que se trouve la vérité. De Beaufond relate cinq examens (rein droit) pratiqués sur de jeunes accouchées à urinés normalescinq, six et six semaines, trois mois et quatre mois et demi après l’accouchement. Chez toutes, la sensibilité n’a pas reparu, mais il n’y a aucun trouble moteur : on ne voit aucune dilatation, et la motricité est exagérée.

À noter que deux de ces femmes avaient eu pendant leur grossesse, une atteinte de pyélonéphrite.

Nous concluerons avec Mahon et Guichard « que les examens radiologiques pratiqués pendant les suites de couche chez des femmes normales montrent une véritable involution pyélo-urétérale avec disparition de toute atonie et de toute dilatation. »

Quel est le pronostic maternel de la pyélonéphrite gravidique ? Dans les formes légères la malade poursuit sa gestation et accouche d’un enfant vivant. Parfois, après l’accouchement, on observe une courte cerise de fièvre et de suppuration urinaire passagère (récidive de Pinard) et tout rentre dans l’ordre. De nouvelles gestations sont possibles sans accidents.

Les formes graves sont heureusement rares et il est exceptionnel que la vie de la malade soit en danger. Mais une surveillance rigoureuse des urines s’impose

dans les suites de couches pendant une période prolongée. Les nouvelles grossesses ne seront permises que si l’état des reins l’autorise. « Les malades mal guéries, dit Cathelin, vont au devant d’une néphrectomie ou d'événements plus graves. »

D'une façon générale, le pronostic maternel est en raison directe de la précocité d'institution du traitement approprié.

Le pronostic fœtal est hélas plus sombre : en premier lieu, le fœtus est en danger pendant la vie intrautérine. S'il arrive à naître à terme et vivant, ses chances de survie ne semblent pas, contrairement à ce qu’écrit Haselhorst, aussi grandes que celles d’enfants nés de mères bien portantes.

Brindeau estime à 25 % le nombre d’accouchements prématurés. La statistique publiée par Bréhant dans sa thèse donne une proportion plus élevée encore : sur 72 cas de pyélonéphrite gravidique, il note :

38 accouchements à terme.

1 accouchement prématuré au cours du 7€ mois. 13 accouchements prématurés au cours du 8€ mois. 20 accouchements prématurés au cours du 9€ mois. C'est-à-dire 47 % d’accouchements prématurés.

Les facteurs les plus divers ont été mis en cause pour expliquer l'accouchement prématuré : l’accumulation d’acide carbonique dans le sang, la fièvre, mais il semble qu’on soit peu près de la vérité en accusant les toxines microbiennes. Penkert cite un

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