‹ Moeurs, coutumes & industries canadiennes-françaises [microforme]Chapitre 112 sur 119 · UN CANON CONVOITÉ · texte numérisé non relu

UN CANON CONVOITÉ

Il y a quelques années, un Américain de Boston, visitait la citadelle de Québec accompagné, selon l'usage, d’un artilleur cicerone, qui lui donnait des renseignements, parfois exacts, sur les choses vues.

Aïriv près d'un canon instailé à part, sur une plate-forme, l’artilleur s’arrêta et dit en <e rengorgeant :

{— Nous l'avons enlevé aux Américains en,

La botte était directe, mais le Bostonnais, prêt à la parade, riposta en bon Yankee :

> — Mon ami, si jamais le hasard vous amène à Bosten, n'oubliez pas de venir me demander à déjeuner :t, après le dessert, je vous montrerai un pays habité aujourd’hui par soixante-quinze millions de citoyens libres, que les Américains ont enlevé à l'Angleterre. Quant à ce joujou, gardez-le précieusement, car nous n’en avons plus à donner aux enfants de John Bull».

La réponse, si belle, si fière qu'elle fût, pes engagé l’action des compatriotes de celui qu ia faisait, car une dépêche de Hartford, Coun., a NN

Herald nous apprend que le joujou va être remis aux Américains qui l’ont demandé, comptant sur l'entente plus que cordial: 5-ésentéement existante entre la Grande-Breta. se ct icur mays. Ce canon fut enlevé le 17 juin 17 5 à Bunker Hill, près Foston par les Anglais. Avec :t0:5 autres, ‘| formait l’unique batterie des colonies :méricrines révoltées contre l'Angleterre, au début de la guerre. Il appartenait, avec un autre, à la ville de Boston.

Des Américains essayèrent deux fois de l'enlever secrètement de la citadelle de Québec, sans pouvoir dépasser le mur de granit. Après quoi, une surveilfance plus sérieuse fut exercée. Il fut même impossible de le photographier jusqu’à ces temps derniers où un M. Willard C. Gompf, de Hartford, réussit à donner à ses compatriotes le portrait si désiré.

Lors de l'Exposition Colombienne de Chicago, on demanda aux autcrités impériales de prêter le canon. Ces autorités craignirent un refus de remettre et les complications qui pourraient s’ensuivre. La demande fut donc repoussée.

La Revue Populaire.

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