MADELEINE DE VERCHÈRES ET NOS CONCITOYENS DE LANGUE ANGLAISE
Il y a un an, une anglaise de Montréal, Mme Robert Reford, faisait l’acquisition d’une statuette de Marie. Madeleine de Verchères, due au ciseau du plus distingué de nos sculpteurs, M. Philippe Hébert. Cette dame se demandait alors, devant l'acte d’héroïsme
que faisait revivre le vigoureux talent de l'artiste, comment il se pouvait qu’une pareille femme restât sans un monument, sans la moindre inscription, même, pour commémorer un fai d'armes que les autres pays envient à notre histoire et aussitôt l'idée lui venait à elle, Anglaise, d'organiser une souscription pour faire cesser la trup longue ingratitude et le trop long oubli dont a été récompensée jusqu'ici, la pure héroïne.
Elle entretenait, à cette époque, M. Hébert de ce projet.
L'idée a-t-elle fait son chemin ?
Le gouverneur-général voudrait-il y associer son nom ? Des rumeurs qui circulaient récemment porteraient à le croire, bien que le sculpteur nous ait assuré qu'il n’y avait jusqu'ici rien de conclu ni même rien de commencé. Quoiqu'il en soit, la sublime Madeleine, héroïne et fille d’héroïne mériterait d’avoir son monument à l’endroit qu'elle illustra.
La Presse, 5 novembre, 1910.
L'artiste canadien-anglais T.-S. Coburn est aussi l’auteur d’un gracieux tableau, représentant l'officier de Montréal et sa troupe en présence de Madeleine de Verchères et sa minuscule garnison. Ce tableau illustre un poème consacré à cette héroïne par feu W.-H. Drummond.