UN BEE
Lors des pre.niers défrichements de Durham et Wickham, florissait une coutume qui n'est pas éteinte tout à fait: C'était la corvée ou comme À on !.ppelle encore, le Bee (1).
I était surtout en vogue quand il s'agissait de l’aide à bon marché ; c'était un échange de temps ou de services, irès en vogue.
Refuser d'aller au Bee, était une insulte rarement pardonnée, et pour celui qui demandait le Bee ne pas avoir sa cruche de whiskey à la disposition des travaillants était encore une insulte moins pardonnable,
On éassait à l'aide des bœufs.
Les hommes se divisaient en groupes de trois ou quatre ; chaque groupe ou gang prenait une lisière de terrain où le feu avait passé.
Malheur au groupe qui par ambition, lâchait un peu de la lisière, ou ayant pris le devant empiétait sur ses Voisins pour les faire endêver.
C'était une insulte qui, le whiskey aidant, se terminait par une bataille.
Le Bee était l'endroit où se réunissaient les hommes JONS.
(1) D'après le Dictionnaire Webster (édition 1910) le mot Bee Signifie ruche et corvée. Il n'a cependant cette dernière acception qu'aux États-Unis et au Canada. Voici la définition qu’il en donne : « A neighborly gathering Of people who engage in ainited labor for the benefit of an individual or of some joint concern».
Le soir venu, après le souper, commençaient les eux.
Car il ne fallait pas être fatigué de sa journée sous beine de dégradation.
On tirait au coup-de-bâton, on colletait, le plus ort faisait des envieux et le plus souvent faisait
es ianfaronnades, appelant un plus fort ou le meilleur de la crowd.
Le gant était relevé.
On passait une nouvelle rasade de high water ; les esprits s’échauffaient.
Il y avait quelques prises entre fort-à-bras de
Rdcuxième et troisième qualités.
D Les plus forts intervenaient en faveur d’un des combattants, la bisbille se mettait parmi les chefs et finalement un grand cri à l’unisson se faisait entendre : Fair play ! make a ring !
Les groupes se détendaient, et au milieu de l'arène improvisée apparaissaient deux boxeurs aux regards flambovants souvent déjà aux prises.
Il n’y avait pas de gants de boxe, ni de chaînes, ni de règle à suivre.
C'était des batailles libres où le plus fort avait raison.
On se battait sauvagement ; plus d’un combattant sortait tout meurtri et ensanglanté de ces engagements Impromptus.
Voilà ce qu'était le Bee autrefois. Il avait ses inconvénients comme toutes les bonnes choses.
Le Bee est encore en vogue dans les mêmes circonstances pour « tasser » du bois, lever une bâtisse et en charroyer les matériaux, mais surtout pour charroyer du bois, en hiver, aux pauvres et aux infirmes.
On attache un peu moins d'importance à la force corporelle, on est plus réservé dans l'usage du whiskey, et le Bee se termine d’une manière généralement plus pacifique qu'au temps jadis.
L'Avenir J.-C. SAINT-AMANT