‹ Moeurs, coutumes & industries canadiennes-françaises [microforme]Chapitre 83 sur 119 · UN CAS DE TÉLÉPATHIE · texte numérisé non relu

UN CAS DE TÉLÉPATHIE

J'avais constamment veillé le seigneur Jean- Baptiste Couillard de l’Épinay avec son fils, pendant sa maladie ; et, la nuit qu’il mourut, j'étais encore auprès de lui avec son fils et feu M. Robert Christie, notre ami. Lorsque le moribond fut à l’agonie, je courus chez son confesseur, monsieur Doucet, alors curé de Québec ; il vint lui-même m'ouvrir la porte du presbytère er me disant :

«— Fâché ‘+ t'avoir fait attendre.

— Comn :nt'répliquai-je, j'arrive à l'instant même.

— Mon domestique, fit-il, est pourtant venu m’éveiller, il y a environ un quart-d’heure, en me disant de me dépêcher, que monsieur Couillard se mourait ».

Était-ce une hallucination produite par l’inquiétude qu’éprouvait le prêtre sur l’état alarmant d’un malade qu’il chérissait ? Était-ce l’ange de la mort, faisant sa ronde nocturne, qui s'arrêta au chevet du zélé serviteur du Très-Haut, pour lui envoyer une dernière consolation qu’il implorait ? Sa mission

funèbre ne fut guère interrompue ; car, à ces mots sublimes prononcés par le prêtre: « Partez, âme chrétienne, au nom du Dieu Tout-Puissant, qui vous à créée »! cette belle âme s’envola au ciel sur les ailes du messager de Jehovah !

Les Anciens Canadiens.

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