UN PASSAGE A RETENIR
Haliburton, le grand humoriste canadien, fut aussi un orateur de premier ordre et c’est au cours de son fameux discours en faveur de l'abolition du Serment du test qu’il prononça les remarquables paroles suivantes, citées par l’abbé H.-R. Casgrain, dans « Un pèlerinage au pays d'Évangeline » :
«Tout homme, qui met la main sur le Nouveau Testament, et qui dit que c’est là le livre de sa foi, qu’il soit catholique ou protestant, anglican ou presbytérie 1, baptiste ou méthodiste, quelle que soit l'éter 1e des points de doctrine qui nous séparent, il est mon frère et je l’embrasse. Nous marchons par différents chemins vers le même Dieu. Dans le sentier où je marche, si je rencontre un catholique, je le salue, je fais route avec lui, et quand nous arriverons au terme, à ces f/ammantia limina mundi, quand le temps viendra, ainsi qu’il doit venir, où cette langue qui maintenant s'exprime, se glacera dans ma bouche, où cette poitrine, qui maintenant respire l’air pur du ciel me refusera ses services, où ces vêtements terrestres retomberont dans le sein de la terre d’où ils viennent, et iront se mêler à la poussière des vallées, alors, avec ce catholique, je tournerai en arrière un long et larguissant regard. Je m'agenouillerai avec lui, et au lieu de dire avec le présomptueux pharisien : « Grâce à Dieu, je ne > suis pas comme ce papiste», je prierai, afin que tous deux, étant du même sang, nous soyons tous deux pardonnés, et, qu'étant frères, nous soyons tous deux reçus là-haut ».
Ce langage d’un protestant, adressé à des protestants, devait produire et produisit son eftet. Il montre en même temps quelle impression avait faite sur les esprits la vie sainte de l’abbé Sigogne, et de quel prestige il était entouré.
L'hon. Thomas Chandler Haliburton né en 1796, mort en 1865 est surnommé l'historien de la Nouvelle-Écosse. C’est un écrivain remarquable. ‘
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