SCENE I
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( Une séance intime de la Société. Les membf^es les plusfetventSf les initiés occupent seuls leurs fauteuils; le président, absent pour cause légitime, s^est fait suppléer par le membre le plus âgé du bureau. Il y a du deuil sur les visages. La salle du conseil est ornée de gravures représentant les chevaux célèbres que la Société apatronés. Sur un pupitre y et relié en maroquin y se trouve le Stud- Bookn c'est-à-dire le registre de l'état civil des chevaux de sang^ leur livre de généalogie. Sitôt
ia séance ouverte y le président explique t objet de la réunion. Son air est des plus mélancoliques.)
LE PRESIDENT
Messieurs, j'ai un triste aveu à vous faire» et cet aveu n*est pas dans le caractère de notre institution. La Société d'encouragement ne devrait jamais être découragée ; elle Test cependant, et beaucoup, et pour de graves motifs. (Avec un redoublement d'affliction et des larmes dans la voix). La France lui a confié le cheval. Eh bien I le cheval s'en va ; il fond entre ses mains; il se dissout, il s'évapore. Bientôt on le cherchera infructueusement, il n*existera plus que sur ce registre (montrant le Stud" Book) et dans la mémoire de quelques amis.
[V émotion du président se communique à la réunion. Quelques minutes de silence.)
UN VIGOHTE.
Est-ce possible ! on en serait là I
LE PRÉSIDENT
A n'en pas douter; les témoignages abondent, ils frappent les yeux. Vous souvient-il de nos grands jours, quand Tempire nous appartenait et que le
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pays dormait sur ses deux oreilles, en se disant que le cheval était en bonnes mains ? Que se passait-il alors? Quels signes éclataient? L'univers le sait et vous aussi. Il n'était point de trompette de la publicité qui ne fût à notre disposition; on nous célébrait sur tous les tons et dans toutes les langues. En sommes-nous là aujourd'hui? Dites, y sommesnous ? L'illusion n'est plus permise , et il faut répondre non.