‹ Moeurs et portraits du tempsChapitre 45 sur 80 · LE MARQUIS · texte numérisé non relu

LE MARQUIS

Vous êtes dans le vrai.

LE PRÉSIDENT

Hélas ! oui , j'y suis et je n'y suis que trop. C'est à en rougir aux yeux de l'Europe et de l'Amérique du Nord. Pour chaque détail, il en est ainsi ; touj; craque dans nos mains, tout pèche, tout se relâche.

\ Autrefois le jockey se respectait ; il y avait pour lui des devoirs d'état , il était maigre, il Tétait naturellement y et quand sa constitution y résistait , il savait s'en rendre maître. Aujourd'hui plus d'effort, plus de lutte, plus de violence faite au tempérament. Le jockey ne sait ni se priver, ni s'amaigrir; il ne se médicamente pas, il ne se jette pas dans des transpirations qui Tallégent. On n'en voit plus de diaphanes, et hdus commençons à en avoir de gras. Dérision I

tE VICOMTE.

Est-ce bien possible ?

LE PRESIDENT

Je conclus , Messieurs. Un acte de vigueur peut seul nous sauver. Voici longtemps que nous abandonnons les choses à leur pente, et elle est mauvaise ; il faut en agir autrement. Tous ne voulez pas que la France démontée vienne vous dire:

Qu'as-tu fait du cheval? Vous ne voulez pas qu'elle vous accuse de l'avoir mise à pied et fait déchoir sa cavalerie du rang qui lui appartient dans le monde? Ce n'est ni dans vos intentions, ni dans vos habitudes; vous êtes trop de votre pays pour cela.

LES INFORTUliES

YOIX DIVERSES

Assurément.

LE PRESIDENT

Eh bieni agissez , agissons, et sur-le-champ: toute heure qui s'écoule est fatale au cheval. Or le cheval , c'est vous, c'est moi , c'est la Société d'encouragement: s'il déchoit, elle déchoit aussi; s'il perd son crédit , elle perd le sien : entre elle et lui , c'est une partie liée et il ne peut rien lui survenir de fâcheux qu'elle ne s'en ressente. Voilà les faitS; voilà les rôles ; en relevant le cheval , vous vous relevez ; vous ressaisissez vos anciennes gloires, vous redevenez laSociété d'encouragement, telle qu'on l'a vue jadis, maltresse de la vogue et de la publicité , toute puissante sur l'hippodrome et dans les colonnes des journaux. Voyons, Messieurs , répondez : cette perspective vous souritelle?

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