‹ Moeurs et portraits du temps, Volume 1Chapitre 40 sur 83 · UN MARQUIS · texte numérisé non relu

UN MARQUIS

Vous êtes dans le vrai.

LE PRÉSIDENT

Et le cheval où en est-il? C'est pitié que d'y songer .Regardez sur ces murs ; vous y retrouverez les héros de nos anciennes courses, des noms célèbres, des noms européens, qu'on cite encore et dont la gloire n'a point été effacée. Les Anglais eux-mômes nous les enviaient et ne se refusaient pas à des croisements ; c'était de l'entente cordiale. Aujourd'hui avez-vous rien de pareil? Des animaux courent, gagnent des prix, sautent dés haies ; mais qui sait leurs noQAS? Ont-ils seulement des noms? Ce sont des vainqueurs vulgaires que battront demain d'autres

vainqueurs plus vulgaires qu'eux. Il n'y a plus de souverains dans l'hippodrome ; à peine y reste-t-il quelques princes de Monaco.

lE VICOMTE.

Est-ce possible?

LE PRÉSIDE?ÏT.

Oui , et à qui la faute , Messieurs? D'abord à la Société d'encouragement ; elle répondait du cheval, elle s'était engagée à le perfectionner: la France y comptait. Puis aux éleveurs. J'ai regret à le dire , si le cheval s'en ta , l'éleveur s'en va plus vite encore. Le peu qu'il en reste n*a ni le sentiment du rôle, ni le respect de la tradition ; Fart est mort , l'industrie est venue, ou calcule tout ce que coûte une bête et ce qu'elle rend. Ce n'est plus œuvre de gentilhomme, mais de maquignon.

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