L1VRI-: VI. — LES SPECTACLES
places honorifiques par un luxe de dépenses qui ruina mainte ancienne famille noble, à moins qu'ils ne trouvassent moyen d'y suffire avec l'aide de subventions impériales, ou l'assistai^ce d'autres membres du même ordre. Dans les premiers siècles, il paraît que l'éclat des dignités et offices sénatoriaux n'avait pas cessé de passer, aux yeux du grand nombre, pour un dédommagement suffisant du poids de si lourdes charges, et que relativement peu de sénateurs, ou de personnes pouvant aspirer à celte qualité, cherchaient à se soustraire aux conditions vraiment accablantes des honneurs de leur ordre. Mais, dans la suite, le nombre des récalcitrants s'accrut d'autant plus, sans doute, que ces offices étaient dépouillés de tout pouvoir réel et avaient subi un amoindrissement qui en réduisait l'importance à l'obligation de donner des spectacles. Vint un temps où il y eut manque d'amateurs pour des titres et dignités si chèrement achetés. Déjà Constantin fut obligé de contraindre les candidals, qui cherchaient à se soustraire aux honneurs de la préture par la fuite, à l'acceptation de cette charge', et peut-être ne fut-il pas le premier qui dut recourir à de pareilles mesures de rigueur.
Une série d'édits impériaux régla, au quatrième siècle, le clioix pour la préture et la questure, dont les titulaires, à Home et à Constantinople, étaient chaque fois désignés par le sénat, pour les dix années à venir, parmi la totalité de ses membres ayant atteint l'âge de vingtcinq ans, et détermina les motifs d'excuse valables pour la dispense de ces charges. On arrêta, pour les différentes prétures, le minimum des sommes à dépenser en spec-
1 Zosime, II, 38. .
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tacles. Une loi de Tati 340 établit ainsi le tarif, pour les trois prétures alors existantes à Constantinople : Flavialis, 25,000 folles pour la dotation des jeux et 50 livres d'argent pour largesses et cadeaux; Constantiniana\ 25,000 folles Qi 40 livres; Triumphalis , 15,000 folles et 30 livres'. Ceux qui se dérobaient sans motifs plausibles à cette obligation, n'avaient pas seulement à supporter les frais des spectacles, dont le fisc se faisaU l'ordonnateur en leur nom, dans ce cas, mais étaient en outre passibles de l'amende d'une fourniture considérable de grains aux magasins de la capitale. L'obligation de pourvoir aux spectacles d'usage passait même aux héritiers d'un préteur élu, mort sans avoir pu entrer en charge^.
Il n'est plus guère possible de déterminer exactement, pour aucune époque, le nombre de jours occupés par les jeux dans le cours de l'année; attendu que même le temps des jeux annuellement célébrés par l'État était sujet à certaines variations, et qu'à plus forte raison les jeux extraordinaires échappaient aux prévisions. Les calendriers des fastes de l'empire, parvenus jusqu'à nous, ne donnent une idée à peu près exacte que du temps réclamé par les fêtes de l'État ^ Sous la république, on comptait sept spectacles annuels, qui, sous Auguste, duraient ensemble soixante-six jours, à savoir : les jeux romains, quinze jours, depuis la mort de César même seize (du 4 au 19 septembre); les plébéiens, quatorze (du 4 au 17 novembre); ceux de Gérés, huit (du 12 au 19 avril);
1 Le follis , étant, comme monnaie de compte, probablement l'équivalent du soUdus, 25,000 folles, d'après la métrologie de Hultsch, représenteraient environ 394,000 francs.
2 Code Théodosien, VI, 14, avec les notes de Gothofredus.
3 Mommsen, Corp. Inscr. lat., p. 377, etc.