‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 4)Chapitre 178 sur 265 · LIVRE VII. — LES VOYAGES · texte numérisé non relu

LIVRE VII. — LES VOYAGES

ques et autres, à l'usage des voyageurs, comme nos guides d'aujourd'hui, mais plus succinctes. Du moins un itinéraire de Bordeaux à Jérusalem , rédigé vers Tan 333 de notre ère, pour les pèlerins allant en Terre-Sainte, ne comprend-il pas seulement nombre de données sur les événements de l'histoire sainte , et les diverses localités qui en ont été le théâtre, ainsi que sur les traditions et les monuments de ces temps-là, particulièrement détaillées pour Jérusalem et les environs, mais aussi des notices sur rhistoire profane, l'histoire naturelle et d'autres sujets encore^, de même que l'itinéraire dit d'Antonin, moins ancien comme nous l'avons vu, en contenait aussi quelques-unes , concernant presque toutes la mythologie ^,

L'organisation de la poste de l'État, dans l'établissement de laquelle on avait , comme pour tant d'autres institutions de l'empire, pris pour modèle celle des postes de l'ancienne monarchie des Perses, était, il est vrai, telle qu'à part les fonctionnaires, courriers et autres personnes voyageant pour le service de l'État, peu de particuhers pouvaient en profiter. Mais les mesures d'intérêt public.

1 Voici les notices d'un intérêt profane, abstraction faite de celles qui sont purement géographiques (Wess., p. 549; éd. Pinder et Parthey, p. 261) : Civitas Burdigala ubi est fluvius Garonna, per quem facit mare Oceanum, accessa et recessa per leugas plus minus centum ; — p. 564 : Civitas Viminatio, ubi Diocletianus occidit Carinura ; — p. 572 : Mansio Libissa : ibi positus est rex Annibalianus, qui fuit Afrorum; — p. 577 : Mansio Andavilis : ibi eSt Villa Pampati, unde veniunt equi curules; Civitas Thiana : inde fuit Apollonius magus; — p. 585 : Cœsarea Palestina : in tertio miliario est mons Syna, ubi fons est in quem mulier si laverit gravida fit; — p. 604 : Mutatio Euripidis : ibi positus est Euripides poeta ; — p. 606 : Civitas Pelli : unde fuit Alexander magnus Macedo.

2 A la fin de l'itinéraire maritime^ à propos des îles (Wess., p. 524, etc. ; Pinder et Parthey, p. 256).

nécessaires pour l'établissement de communications régulières et suivies, une fois prises, des entreprises privées ne devaient pas manquer de s'y rattacher, partout où le besoiu s*en faisait sentir. Aussi, était-il certainement facile de se procurer les moyens d'aller de l'avant sur les grandes routes, au moins dans les localités d'importance majeure. Des traces de cette organisation d'équipages tenus à la disposition des voyageurs par l'industrie, se sont conservées en Italie. Les loueurs de voitures à quatre roues (redœ)^ ou de cabriolets à deux roues {cisiarii] et d'animaux de trait [jumentarii)^ , y formaient des corporations dans plusieurs villes^. Dans les villes mômes, il circulait peu de voitures; l'industrie principale de ces loueurs de profession devait donc être l'expédition des voyageurs. Ils avaient leurs stations aux portes, ou môme hors de cellesci. Dans les grandes villes, il est probable que plusieurs corporations se partageaient le service des postes

1 Suétone, Caligula, chap. xxxix : In Gallia.... quidquid instrumenti veteris aulae erat ab urbe repetiit, comprensis ad deportandum

meritoriis quoque vehiculis, ut litigalorum plerique, quod occur-

rere absentes ad vadimonium non possent, caussa caderent.

- Ne pas confondre ces loueurs avec les jumentarii impériaux, a jumentis, à la classe desquels appartient le superjumentarius, dont parle Suétone {Claude , chap. ii).

3 Cattaneo, Equeiade, p. 83, etc., ainsi que Marini. — 11 est fait mention d'un « Collegium jumentariorum portas Vercellinœ et Joviee » à Milan; d'un deuxième à Ariminum (Tonini, Rimini^ p. 369, etc.); d'un troisième « portée Gallicae » (route de Sinigaglia) à Forum Sempronii (Henzen, 4093); d'un « colleg. jumentariorum » à Todi ou Tuder (Orelli, 2413); à Tibur, enfin, d'un autre, in cisiaris tiburtinis Herculis Pabretti {Inscr. ant., p. 9, n. 179), inscription qui montre que les « cisiarii » et les « jumentarii » étaient associés. — Parmi les « cisiarii », Muratori (108, 4), d'après une inscription latine {Corpus Inscr. lat.y 1129), mentionne ceux de Préneste, Henzen (5163 et 6983) ceux de Pompéji, hors de la ville, et ceux de Cales (cisiarii portée Stellalinae).

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