‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 4)Chapitre 182 sur 265 · LIVRE VII. — LES VOYAGES · texte numérisé non relu

LIVRE VII. — LES VOYAGES

par mer en un jour, de Rhegium (Reggio) à Pouzzoles^; cependant, Apollonius et Daniis, dans Philostrate ^, partis de Pouzzoles avec un bon vent, n'arrivent, par le détroit de Messine, que le troisième jour à Tauromenium. Il y avait une ligne de navigation régulièrement desservie de la Sicile , par la haute mer, au port de Cyllène , en Elide ^ , que l'on pouvait atteindre de Syracuse en six jours ^. Avec un vent très-favorable, on allait même, en cinq jours, de Corinthe à Pouzzoles^. Il est vrai que dans les voyages d'Italie à la mer Egée, en Attique et aux ports de l'Asie Mineure, on abordait communément à Léchée, passait l'isthme en voiture ou à pied, et se rembarquait à Cenchrées, l'autre port de Corinthe, où Ovide, en route pour Tomi, acheta un navire pour continuer son voyage^.

Deinde per lonium vectus cum fessa Lecheeo Sedarit placida vêla phaselus aqua,

Quod superest sufferte pedes, properate laborem Isthmos qua terris arcet utrumque mare,

dit Properce ^. Tel était encore, il n'y a pas longtemps, aussi le service des pyroscaphes du Lloyd autrichien. Cependant, on voit que la circumnavigation du Péloponèse était également fréquente par une inscription, concernant un marchand, Flavius Zeuxis, d'Hiérapolis en Phrygie, qui

1 Actes des Apôtres, 28, 13.

2 VIII, 14; p. 167, éd. K.

3 Pausanias, VI, 26, 3.

* Philostrate, Le.

5 Ihid., VIII, p. 133, éd. K.

<5 Tristes, I, 11.

"^ III, 21, 19. — Voir aussi Philon, in Flaccum, p. 589 M (au sujet de Flaccus, relégué à Andros).

avait fait soixante-douze fois le voyage d'Italie par Malée ^ . Aussi Néron conçut-il, comme avant lui déjà Hérode Atticus, d'après Philostrate^, un projet de percement de l'isthme. Les personnes redoutant la navigation pouvaient , il est vrai, faire le voyage par terre, à travers la Thrace et la Macédoine. Le rhéteur Aristide entreprit, malade, au fort de l'hiver, ce voyage extrêmement pénible, à travers des contrées barbares et inhospitalières, et arriva à Rome le centième jour de son départ de Mysie, après que son état de santé l'eut cependant obligé de faire une halte en route, à Edesse probablement^. L'année suivante, il effectua son voyage de retour par mer, vers l'équinoxe d'automne , par un temps gros de tempêtes, au milieu de difficultés et de périls de tout genres Ce mauvais temps rendit la navigation aussi dangereuse que pénible, d'Ostie au détroit de Messine et dans celui-ci même; la traversée de l'Adriatique se fit en deux nuits et un jour, par une mer calme ; mais on eut de la peine à prendre terre à Céphalonie. De Fatras, le temps fut défavorable aux navigateurs. Il est probable qu'ensuite la compagnie franchit l'isthme par terre , et quatre jours furent employés à effectuer le trajet de la mer Egée jusqu'à Milet. Ovide aussi préféra , en hiver, le voyage continental, par la Thrace et la Mœsie, au voyage de mer par la Propontide et le long du rivage occidental de la mer Noire, jusqu'à Tomi, d'où il écrivit ces vers^ :

Dum tua pervenit, diim liUera nostra recurrens Toi maria ac terras permeat, annus abit.

2 Vies des sophistes, II, 6; éd. K, p. 237.

3 Aristide, Orat., 24, p. 345; Masson, Coll. Hist., éd. Dindorf, III,

p. LUI.

* Ibid., 305, etc.; Masson, p. lxi.

5 Tristes, IV, 11, 15.

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