XXXVII
2 Tite-Live, XLV, 27, etc. — Du temple d'Esculape à Épidaure, il dit, par exemple : Quod.... nunc vestigiis revulsorum donorum, tum donis diveserat.
progrès de la ruine et de la désolation, que ne purent arrêter quelques effets bienfaisants de Tadministration et de la culture romaines ' .
L'image du passé si grand de cette contrée ne ressortait que plus imposante, en frappant davantage l'esprit du voyageur, dans le calme profond de la solitude, gagnant de plus en plus la campagne et les villes. Le nombre des villes était très-considérable encore, il est vrai, puisque, dans le Péloponnèse seul, on n'en comptait pas moins de soixante, au temps des Antonins; mais, de ces villes, beaucoup n'étaient plus que l'ombre d'elles-mêmes, comme celle de Panopée en Phocide, grande et superbe jadis, qui, au temps de Pausanias, se trouvait réduite à une agglomération de pauvres buttes, parmi lesquelles il ne restait plus ni palais, ni théâtre, ni marché, ni gymnase, ni même un puils^. Ailleurs, des moutons broutaient l'herbe devant la maison communale, et l'emplacement du gymnase était devenu un champ de blé, au milieu des épis mouvants duquel on apercevait à peine les têtes des anciennes statues de marbre ^ De beaucoup de villes il ne restait plus que des ruines; le pays était dépeuplé, s'il faut en croire Plutarque^*, affirmant que toute la Grèce n'était plus guère en état de fournir un contingent de plus de 3,000 hoplites. De vastes espaces gisaient en friche^ et, dans les parties solitaires d'un caractère plus sauvage, le voyageur aimant, comme Dion de Pruse, à converser avec les pâ-
^ Voir Curtius, le Péloponnèse, I, 83, etc.
2 Pausanias, IV, 1.
3 Dion Chrysostome, Orat., VII, p. 106 M (description qui paraît se rapporter à Chalcis, dans l'Eubée).
* De de/, orac, chap. vu, p. 629.
^ Voir Strabon et Pausanias, entre autres.