‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 4)Chapitre 248 sur 265 · LIVRE Vil. — LES VOYAGES · texte numérisé non relu

LIVRE Vil. — LES VOYAGES

synonymes K La poésie et la mythologie anciennes offrent une foule des plus éloquents témoignages du sentiment intime et profond que Ton avait de la beauté et des splendeurs de la mer ^ , et l'art antique a emprunté à cet élément les motifs de ses images les plus gracieuses et les plus magnifiques. La littérature latine, et plus encore les ruines des villas et des palais romains, qui bordaient les plus belles parties du littoral , et que les contemporains célébrèrent à Tenvi, précisément pour la belle vue dont on y jouissait, témoignent mainte et mainte fois de l'amour des Romains pour la mer^ De son palais dans l'île de Caprée, Tibère pouvait embrasser d'un coup d'oeil tout le superbe golfe de Naples^. La villa de Pollius Félix , sur la hauteur deSorrente, offrait, de chaque fenêtre, une vue différente, sur Ischia, Caprée et Procida, avec celle de la mer, que Ton apercevait de toutes; là se reposait le soleil couchant « quand, le jour baissait, que l'ombre des montagnes, couronnées de feuillage, se projelait dans la mer et que les palais semblaient flotter dans un miroir de cristal ^. » Nous avons déjà parlé plus haut des lieux de plaisance et de bains situés sur le rivage occidental de l'Italie et la côte septentrionale

^ Aîïiœnia (sic) al àxtat. {Gloss. Labb.)

2 Voir surtout Catulle, 63, 271, etc.

3 Cicéron {ad Atticum, XII, 9) écrit d'Anlium : Cetera noli pulare amabiliora fieri posse littore, villa, prospectu maris, his rébus omnibus; ainsi que de Pouzzoles (ibid., XIV, 13) : Quœris atque etiam ipsum me nescire arbitraris, utrum magis lumulis prospectuque an ambulatione àXiTsvsï délecter. Est mehercule ut dicis utriusque loci tanla amœnitas, ut dnbites utra anteponenda sit. — Voir aussi dans Pline le Jeune (Lettres, II, 17, ainsi que I, 9) la description de la villa près de Laurente; puis Apulée, ApoL, p. 579 (prospectum maris, qui mihi gralissimus est).

^ Tacite, Annales, IV, 67.

^ Stace, Silves, II, 2, 16-20. — Plularquo, Qu. conv., I, 4, 3, 5. T. II. 31

deTÉgypte; en Grèce aussi, c'est principalement sur les côtes que l'on rencontre des ruines de villas romaines'. Mais les bords des lacs et des fleuves n'avaient guère moins d'attrait pour les amis des beautés de la nature. On connaît l'attachement de Catulle pour le lac de Garde; sur la presqu'île de Sirmio , qu'il affectionnait tant, existent encore dès débris de constructions romaines. Les bords si gracieux et si richement ombragés du lac de Côme étaient couverts de villas au temps de Pline le Jeune-, et sur ceux du lac de Bracciano on a trouvé des ruines d'un Pausilypc (Sans-Souci), dont la propriétaire s'appelait Métia Hédonium , et vivait du temps de Tibère ^. Il n'y avait pas , de par le monde, dit Sénèque *, « de lac que ne dominassent les toits de villas appartenant à des grands de Rome, de fleuve dont les rives ne fussent bordées de leurs habitations. » Parmi les fleuves d'Italie, l'Anio et le Tibre étaient probablement ceux dont on affectionnait et visitait le plus les rives : celles du Tibre, d'après Phne l'Ancien''^, étaient peut-être ornées de plus de villas que toutes les ^autres rivières du monde entier.

Nous pouvons nous dispenser de revenir ici sur la villa bien connue de Néron à Sublaqueum ^.

Outre la cascade à laquelle Tibur devait sa vogue ^, on

1 Curtius, le Péloponèsej I, 83, etc. — Voir aussi Pausanias, VII, 21,4.

2 LeitreSj IX, 7, et Pline l'Ancien, Hist. nat., X, 77 (Larium lacum amœnum arbusto agro).

^ Voyez de Rossi, Bull. Nap.j N. S., II, 21, et Henzen, 5137. * Lettres, 89, 21.

^ Hist. nat., III, 54.

c Tacite, Annales, XIV, 22, et Pline, Hist. nat., III, 109 : Lacus très amœnitate nobiles, qui nomen dedere Sublaqueo. 7 Denys d'Halicarnasse, V, 37. ^

Page 1