‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 4)Chapitre 27 sur 265 · LIVRE VI. — LES SPECTACLES · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — LES SPECTACLES

lequel le second chercha môme à hriller comme virtuose ^ Parmi les favoris de Caligula figurait le conducteur de chars Eutychès, de la faction des verts, auquel il fit, après une orgie, un cadeau de 2 millions de sesterces^, et pour les chevaux duquel les prétoriens furent employés à construire des écuries'^. Lucius Vérus"*, Commode'^, Caracalla et Géla^, Héliogabale^, eurent tous aussi plus ou moins de préférences pour cet art et les virtuoses qui y brillaient. Héliogabale en particulier choisit ses favoris parmi ces derniers, et éleva la mère du principal d'entre eux, Hiéroclès, de la condition d'esclave au rang consulaire. Il n'est pas étonnant dès lors, mais dans la nature des choses, que les cochers du cirque, se voyant aussi généralement reconnus et traités comme personnes d'importance, se fissent remarquer par leur impudence et leur effronterie. Dès le commencement de Tempire s'était établi l'abus de les laisser, probablement à certains jours, rôder dans la ville et y commettre, sous le prétexte de la farce, jusqu'à des escroqueries et des vols^ ce qui fut ensuite défendu sous Néron ^ Mais, des mesures isolées étaient naturellement impuissantes à contenir le débordement d'une licence effrénée, lequel , même abstraction faite des faveurs prodiguées à ces gens par les

1 Dion Cassius, LIX, 5; LXI, 17.

^ Suétone, Caligula, chap. lv.

3 Josèphe, Ant. Jud., XIX, 4, 4. — II ne faut pas confondre cet Entichés avec un de ses confrères (Gruter, 340, 4), un mime et d'autres artistes du même nom (Orelli, 2625 et 2645). On connaît aussi plusieurs coctiers et gladiateurs qui, de même, portaient tous le nom de Félix.

* Hist. Aug. Vie de Vérus, chap. vi.

-' Vie de Commode^ chap. ii.

6 Hérodien, III, tO.

'' Vie d' Héliogabale, chap. vi.

>* Suétone, Néron, chap. xvi.

empereurs, rien que la conscience d'être devenus indispensables ne pouvait que ranimer et surexciter constamment chez eux.

Les meilleurs chevaux de course venaient des provinces, bien que l'on se livrât aussi à. l'industrie chevaline en grand dans quelques districts de l'Italie, notamment 'dans les vastes pâturages de la Pouille et de la Calabre^ Les élèves les plus estimés y étaient ceux du pays des Hirpins.

En général, Pline assure que les chevaux d'Italie ne le cédaient à ceux d'aucun autre pays dans les courses de chars avec un attelage de trois. La Sicile, où dès le commencement de l'empire, avec les progrès de la dépopulation, les champs de blé s'étaient de plus en plus transformés en pâturages^ possédait d'immenses haras. Encore à l'époque où le pape Grégoire le Grand voulut faire vendre tous les chevaux qui se trouvaient, dans cette île, sur les domaines de l'Église, le nombre de quatre cents, qu'il s'agissait d'y retenir, parut une bagatelle, qui n'entra pas en considération dans le prix de la vente ^. Les coursiers de la Sicile étaient aussi réputés des meilleurs. Parmi les chevaux des autres provinces, ceux d'Afrique, notamment les races croisées de sang- espagnol, étaient également renommés pour leur vélocité. Dion Chrysoslome ''^

1 Le scoliaste de Juvénal, 1, 155, dit : (ïigellinus) saltibus in Apulia et Calabria comparatis quum studiose equos aleret qiiadrigarios, amicitiam Neronis nactus, primus illiini ad studium drcensium movit. — Voir aussi Varron, /î. if., II, 7, 1.

^ Strabon, Yl, 2, 6, p. 273. — Voir aussi Cicéron, Verr. II, 1, 10, 28.

3 Voir Gregorovius, Histoire de Rome au moyen dge^ II, 64 (en allemand).

* Ed. Dindorf, I, 57, 29.

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