‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 4)Chapitre 61 sur 265 · LIVRE VI. — LES SPECTACLES · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — LES SPECTACLES

d'animaux ou de tout autre genre ^ ; mais il y a lieu de croire que cette première défense n'était pas restée longtemps en vigueur.

A Rome même, le nombre des gladiateurs impériaux fut très-considérable dans tous les temps. Ceux qui, d'après Josèphe^, accoururent en masse au camp, avec les pompiers {vigiles) et les gens de la flotte (classiarii), après le meurtre de Caligula, ne peuvent avoir été que des gladiateurs impériaux.

Après la mort de Néron, Othon renforça son armée de deux mille de ces gladiateurs^; et deux siècles plus tard, sous Gordien III, on n'en comptait pas moins, que l'empereur Philippe fit combattre tous, à la fête millénaire de la fondation de Rome ^. Ils figurèrent pour mille deux cents hommes dans une procession solennelle de l'empereur Gallien ^ , pour mille six cents dans le cortège triomphai d'Aurélien ^. Or, comme les gladiateurs impériaux entretenus tant en Italie que dans les provinces, pouvaient être promptement réunis à Rome , rien n'y était plus facile que d'en faire paraître tel nombre que l'on désirait , dans les occasions extraordinaires.

On peut se faire une idée de l'organisation de ces écoles de gladiateurs , par une esquisse de la Grande École sur un fragment, parvenu jusqu'à nous, d'un plan de la ville de Rome, gravé dans le marbre, du temps des Sévères; et bien mieux encore depuis la découverte qu'une place de Pom-

1 Tacite, Annales, XIII, 31.

Page 1