‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarques (volume 4)Chapitre 70 sur 265 · LIVRE VI. — LES SPECTACLES · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — LES SPECTACLES

tial\ les chasses (venationes) , qui faisaient partie des jeux floraux, n'étaient pas terminées à la cinquième heure du jour. Avec l'accroissement territorial de l'empire romain les chasses avaient grandi sans cesse , à mesure que chaque pays nouvellement conquis envoyait à Rome ses animaux les plus rares et les plus sauvages. L'introduction de ce genre de spectacles y datait d'une époque où le territoire africain de Carthage était déjà tombé sous la dépendance des Romains, bien qu'il ne fût réduit en province romaine que quarante ans plus tard. Les animaux sauvages de cette contrée furent les premiers d'espèces étrangères à l'Europe et demeurèrent, pendant plus d'un siècle, les seuls de ces espèces que l'on vît au cirque. Déjà pour la première chasse mentionnée plus haut, on avait pu réunir un si grand nombre: et une telle variété de lions et de panthères, que le spectacle, dans la pensée de Tite Live, ne devait pas avoir beaucoup à envier aux grandes véneries du temps d'Auguste. Dix-sept ans après ce premier spectacle, en l'an 585 de Rome ou 169 avant J.-C, parurent, ce qui montre bien la splendeur croissante de ces fêtes, dans les jeux donnés au cirque par les édiles curules Scipion Nasica et P. Lentulus, soixante-trois animaux d'Afrique, comprenant des panthères, des léopards et probablement aussi des hyènes, avec quarante ours et plusieurs éléphants. Déjà Plante avait vu, dit-il, des autruches « parcourir le cirque comme au vol. » A part ces animaux exotiques, on chassait au cirque des chevreuils, des lièvres et des cerfs, des sangliers, des ours et des buffes, provenant des forêts de la Pouille et de la Lucanie, des marais Pontins et de l'A-

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pennin, et il n'est pas douteux que souvent tout le spectacle dut se borner à la chasse de ces animaux indigènes. A la fête de Flore, qui eut depuis l'an de Rome 571 (183 avant J.-C.) un caractère fixe, il était môme de règle de ne chasser absolument que du gibier inoffensif. Les spectacles, au dernier siècle de la répubhque, témoignent assez du fait que la puissance romaine s'étendait, dès lors, aux contrées les plus lointaines du monde connu , et qu'il n*y avait plus rien d'impossible pour elle. Les treize années écoulées de 58 à 46 avant J.-C. montrent une succession rapide de trois spectacles d'une magnificence inouïe, dans lesquels on présenta au peuple des animaux qui, jusque-là, devaient être à peine connus à Rome, même de nom, et dont la capture était sujette à d'énormes difficultés : ainsi les monstres du Nil , le crocodile et l'hippopotame, aux fêtes de Scaurus en l'an o8; puis une espèce de singe africain, que l'on n'avait jamais vue auparavant et qui n'a jamais été revue depuis , le rhinocéros et le lynx de la Gaule , aux véneries de cinq jours que Pompée donna, en Tan 55, pour l'Inauguration de son théâtre; enfin, la girafe, aux véneries, de cinq jours aussi, que César organisa, en l'an 46, pour la célébration de ses triomphes. Il est vrai que , même au moyen âge, on revit en Europe quelques girafes, données en cadeau par des émirs d'Egypte à des princes chrétiens : en dernier lieu celle qui fut envoyée, en 1486, a Laurent de Médicis; mais, depuis cette époque jusqu'au dix-neuvième siècle, il n'en vint plus, et Buffon dut se contenter d'en donner la description, sans accompagnement de figure ^ Le premier hippopotame venu en Eu-

1 * C'est (le nos jours seulement que, par suite de l'établissement de

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