‹ Moeurs romaines du regne d'Auguste à la fin des Antonins. Traduction libre, faite sur le texte de la 2. éd. allemande, avec des consideration générales et des remarquesChapitre 156 sur 217 · ANNEXES AU CHAPITRE III · texte numérisé non relu

ANNEXES AU CHAPITRE III

Emploi du marbre et du bronze dans la statuaire.

C'était, naturellement, sûr les plus ou moins grandes facilités de transport et les différences de prix qui en résultent, que se fondait la préférence accordée, suivant les lieux, tantôt à l'une, tantôt à l'autre des deux matières le plus communément employées pour les statues, mais surtout pour celles dont l'érection avait un but honorifique, à savoir le bronze et le marbre. Il était ainsi tout simple que, dans une contrée comme FAttique, Hérode Atticus ne fît élever que des statues de marbre à la mémoire de ses pupilles défunts. Dion de Pruse, il est vrai, dans son oraison rhodienne1, ne parle que de statues d'honneur faites de bronze, comme s'il n'en avait même pas existé d'une autre matière, ni à Rhodes, ni même dans les autres villes de la Grèce, telles qu'Athènes, Byzance, Lacédémone et Mytilène. Pour Athènes, la facilité du transport d'un produit extrait des mines de Chypre par la voie de mer, explique en partie l'emploi du bronze, qui, d'après nombre de passages des auteurs anciens, semble-

« Or., XXXI, p. 313 M, 340. 343 à 34G.

rait, d'ailleurs, avoir généralement prévalu pour la destination indiquée. Ainsi, nous lisons dans Horace (Sat. II, 3, 183) : « Lœtus ut in circo spatiere et aineus ut stes; » et dans Apulée (Florides, III, 16, etc.) : « Quid igitur superest ad statua) meœ honorem, nisi œris pretium, artificis ministerium ? quœ mihi ne in mediocribus unquam civitatibus defuere, ne ut Carthagine desint, etc. ; » dans Ammien Marcellin (XIV, 6, 8) : « Ex his quidam œternitati se commendari posse per statuas existi mantes, eas ardenter adfectant, quasi plus praemii ex fîgmentis œreis sensu carentibus adepturi, quam ex conscientia honeste recteque factorum : easque auro curant imbracteari, etc. » Le Bréviaire de Zacharie ne mentionne à Rome que les 3,785 signa œrea aliorumque ducum ; mais on sait, par la biographie d'Alexandre Sévère (ch. xxvn), que, parmi les statues de l'espèce, celles du forum d'Auguste, au moins, étaient de marbre. Il y a tout lieu de croire, d'ailleurs, que l'on érigeait, parfois, simultanément des statues de marbre et des statues de bronze aux mêmes personnes ; et il se pouvait bien que, de la manière dont ces statues étaient le plus souvent exécutées, il n'y eût guère, pour le prix comme pour le cas qu'on en faisait, de différence notable entre les unes et les autres, ni à Rome ni ailleurs. Ainsi à Rome, par exemple, Claude n'accepta, des honneurs à lui décernés, qu'un buste en argent et deux statues, de bronze et de marbre1. Pour les autres parties de l'empire romain, rappelons ici le testament de Langres, déjà mentionné plus haut, indépendamment de deux inscriptions du Corpus Inscriptionum Grsecarum, relatives à Téos (3085) et à Smyrne (3185). Cependant,

* Dion Cassius, LX, 5.

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