III. Tableau, Jésus au milieu de ses apôtres
I. Sinite parvulos venir e ad me, et neprohibueritis eos. (Marc, x, 14.) Laissez venir à moi ces petits enfants, et ne les empêchez donc pas!.. Ah! voilà encore un de ces mots qui suffisent pour révéler un cœur : Sinite! C'est que les apôtres, hommes durs et grossiers, qui n'avaient pas encore bien compris le Cœur de leur bon Maître, n'aimaient pas comme lui. Ils s'impatientaient du bruit que faisaient tous ces pauvres petits, qui venaient en foule pour recevoir ses bénédictions; ils les écartaient sans pitié, et sans doute qu'ils criaient encore plus contre
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leurs mères... Mais Côlles-oi n<- pouvaient renoncerà l'espérance de voir bénir leurs enfanta ; elles les encourageaient à aller à léeue; elle* présentaient elles-mêmes les plus petits. Jé§U8, touché de cette foi, les accueillait avec bonté ; I • disciples se fâchaient encore plus fort e( repoussaient sans pitié cette foule... C'est dans cette circonstance que Jésus leur dit : Mais laissez-hdonc venir ces chers petits, et ne les empêchez pas : Sinite!
Alors ces enfants, n'ayant plus peur, se précipitaient vers lui et l'entouraient avec amour ; ils le regardaient avec espérance : et Jésus les bénissait; il étendait et posait ses mains divines sur leur tête, et il ne dédaignait pas de déposer un baiser de ses lèvres sur le front des plus petits et des plus sages; Et complexans efls(Marc. x, 16), il les approchait de son Cœur. Les apôtres étonnés ne pouvaient encore comprendre toute cette tendresse. Mais les mères se retiraient heureuses, en pensant que ce n'était pas un homme ordinaire, et plusieurs, à ces traits de bonté, reconnurent un Dieu et s'attachèrent, à lui. s
Vous ferez, en contemplant cette douce image, une foule de réflexions bien touchantes. D'abord, vous entrerez dans le Cœur de notre Sauveur, pour y découvrir ses plus secrètes pensées; vous
v chercherçes. ce qui pouvait attirer ainsi les ei fants à Jésus, et ce qui dans ces petits enfai s pouvait charmer le Cœur de votre Dieu. Et pm . vous verrez que l'Église de Jésus a seule Lui i compris le Cœur de son bon Maître, et conservé cette tendresse pour les enfants ; qu'elle aussi les aime, let qu'elle les nourrit de son lait le plus pury afin de les élever dans l'innocence etdans l'amour de ce Dieu... Suiite parvulos venir e ad me, et ne prohibueritis eos. (Marc, x, 14.) Oh! qu'il y a de lumière et de vérité dans cette parole évangélique! quels trésors d'amour dans ce divin Cœur!
II. Jésus pardonnant aux pécheurs.' Mais ici, comment suivre le plan ordinaire de nos contemplations? ce n'est pas un tableau que nous avons à considérer, c'est comme une véritable galerie que le pieux lecteur pourra parcourir avec délices, dans sa méditation. Nous serons obligé, nous, de choisir, ne pouvant nous arrêter que devant un seul sujet. Mai^, encore une fois ^auquel donner la préférence? Jésus était si bon tnvers tous les pauvres pécheurs! son Cœur touché de compassion allait souvent les chercher, et il les prévenait avec une miséricorde infinie. Quelqueïoi> il allait manger chez eux. ;
ses ennemis ont été jusqu'à lui eu faire un reproche; d'autres fois il les attendait avec une bonté et une patience ineffables ; il profitait de toutes les circonstances pour leur faire du bien, comme à la Samaritaine/. Mai* enfin il faut choisii^e«4r^letabieau--de (la femme adultèn-, f t celui de hi Madeleine)
Dans le premier il est impossible de n'être / pas touché des regards de Jésus sur cette femme,^1^et de sa parole ; tout son Cœur est dans ce mot plein de grâce et de miséricorde : — Où sont ceux qui vous accusaient?... Il n'y a donc personne qui vous ait condamnée 1 Nemo te condemnavit? — Non, Seigneur, dit-elle, les yeux baissés, mais pourtant pleins de larmes et d'espérance, et Jésus, levant alors sur elle un de ces regards pénétrants et si doux, lui dit : Ah ! ni moi non plus, je ne vous condamnerai pas ! Ce n'est pas moi qui vous condamnerai. — Quel pardon 1 quelle bonté ! Nec ego te condemnabo (Joan. vin, 11.)
Mais Madeleine ! Madeleine ! v^skeficore-bion plus beau J le Cœur de Jésus lui a pardonné avec tant d'amour ! Le divin Maître avait accepté à dîner chez un publicain, un homme riche et lépreux, nommé Simon. Marie-Madeleine entend dire qu'il est là, et aussitôt elle accourt avec un
ILE COEUR DE JÉSUS - Vltt PUBLIQ1 E. 217 vase d'albâtre qu'elle brise, et dont elle répand le parfum sur les pieds de Jésus. Elle se précipite à ses genoux, et pleure, éteignant dans ses larmes le feu de ses yeux ; et avec ses longs cheveux qu'elle a dénoués, elle essuyait les pleurs et les essences précieuses qui avaient coulé sur ces pieds adorables. Ce doux Sauveur la regardait; le lépreux Simon la regardait aussi, mais quelle différence ! — Si Jésus était un prophète, disait cet homme, il saurait bien ce que c'est que cette femme! il la renverrait bien vite! — Insensé!... Jésus le savait bien; ses yeux ont vu jusque dans le fond du cœur de Madeleine, ils y ont vu du repentir et de l'amour... Et le Seigneur lui dit : — Allez en paix, vos péchés sont pardonnes... Et puis il ajouta : Beaucoup de péchés lui sont remis> car elle" a beaucoup aimé. La paix du ciel était descendue dans l'âme de la pauvre pécheresse ; elle se releva avec le bonheur et la gloire d'une conscience pure et sainte. C'est le tableau que je vous conseille de contempler avec plus d'attention. Le Cœur de Jésus s'y ôle tout entier par le regard, par la parole de bonté et de miséricorde.
Pour achever(cette étude) vous pourrez encore méditer sur le pardon que Jésus, en mourant, a demandé pour ses bourreaux à son Père, quand
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il alla jusqu'à exciser même leur crime : Pai dimitte Mis, non enim sciant quid fat umt. (Luc. xxiu, 34.) Et vousdirea toujours : Quelle bonté,
quelle miséricorde, et quel Cœur l c'est le Cœur d'un Dieu !
IIP Tableau. Jésus avec ses disciples. L'Évangile est plein des scènes les plus touchantes de la douceur et de la patience de Jésus avec ses apôtres. Ces hommes pauvres, simples, ignorants et grossiers, souvent ne comprenaient pas ce que ce bon Maître leur disait; ils se disputaient quelquefois, entre eux, et même avec une sorte de jalousie ; ils tenaient à certains droits de préséance, ils auraient voulu que Jésus se fît roi, et avoir les meilleures places auprès de son trône; d'autres fois, trompés par un zèle faux ou trop ardent, ils auraient voulu que ce Dieu, pour se venger de ses ennemis, fît tomber sur leur tête tout le feu du ciel, comme le prophète Elie ■ et Jésus les calmait, tâchait de les apaise** et de leur faire comprendre son esprit et son Cœur toujours portés à la douceur, à la miséricorde.
Mais, parmi tous les traits que nous pourrions choisir, je préfère, (comme dans la méditatior, d'hier) m' attacher à un souvenir de la Tradition IV me semble que ce tableau, où nous reconnaî
trous la vertu du Cœur d'un Dieu, servira parfaitement au but que nous nous proposons dans toutes ces méditations, le montrer, apprendre à le connaître, pour le faire aimer.
C'est saint Clément, pape et martyr, oui rapporte ce fait merveilleux, et c'est de la bouche même de saint Pierre qu'il l'avait appris. « Saint Pierre, dit-il, ne pouvait nous le raconter sans verser des larmes; je ne puis récrire moi-même sans mouiller cette page de mes pleurs. Mais, comme le saint apôtre aimait à nous le rappeler souvent, je suis heureux de pouvoir vous apprendre ce trait d'une immense bonté : Jésus passait ordinairement ses nuits à prier, mais, dans le temps même de ses plus sublimes oraisons, il pensait encore à nous. Ce divin Maître, qui n'avait pas où reposer sa tête, veillait à ce que ses disciples ne manquassent de rien. .. il se préoccupaitde notre nourriture, pendant le jour, et de notre sommeil, pendant la nuit. Je l'ai vu, disait Pierre en pleurant, je l'ai vu plus d'une fois monter dans la chambre où nous prenions notre repos, et, comme il craignait que le froid ne vint à nous surprendre, il se dépouillait de son manteau, et ne dédaignait pas de l'étendre luimême sur nos pieds.. . et puis il allait continuer sa prière. »
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Avions-nous raison de dire que c'est leCœui le plus doux, Je cœur d'une mère?... Il n'y a qu'une mère qui puisse avoir cette tendresse, et peut-être qu'il n'y aura pas beaucoup de lecteurs capables de bien apprécier et de comprendre ces révélations touchantes du Cœur d6 Jésus. Mais combien nous serions heureux de voir quelque artiste chrétien essayer de reproduire sur la toile, et de rendre par son talent, ce trait de la bonté divine, plus populaire, si je puis m'exprimer ainsi, en le faisant connaître au monde entier 1 Tous ceux qui verraient cette douce image diraient avec transport, avec larmes .Oh! que Jésus est bon ! Jésus est la bonté même; oui, sa miséricorde l'emporte sur toutes ses œuvres ! c'est le Cœur d'un Dieu !... Suavis Dominus universis : et miserationes ejus super omnia opéra ejus. (Ps. cxliv, 9.)
Pour terminer cette méditation, et nous faire encore mieux comprendre combien le Cœur de Jésus a été bon et généreux dans ses pardons, doux et patient avec ses disciples, il n'y aurait qu'à rappeler ce qu'il a fait pour le malheureux Judas ; ce qu'il a fait pour le sauvers et comment il lui offrait sa grâce, au moment même de sa trahison. Ce serait peut-être le tableau le plus touchant de toute cette histoire de la vie el
de la mort d'un Dieu sur la terre : Jésus-Christ recevant le baiser perfide de ce monstre, et le pressant avec amour sur son Cœur. Mais hélas ! il n'a pu le toucher, et Judas est resté insensible jusqu'à la fin ; il a résisté jusqu'à la mort.'
[Dans-un- colloque fervent, wtrsj demanderez à Notre-Seigneur de vous donner une grâce de lumière pour comprendre, et une grâce d'attrait spécial ou de sentiment pour goûter ces vérités saintes, et vous lui ferez une amende honorable, afin de consoler son divin Cœur des ingratitudes des hommes, de ceux surtout qui semblent compter sur sa miséricorde, pour l'offenser et résister aux appels de sa tendresse.