Deutéronome, ebap. m, v
ta
tout de suite après, verset 11 : « Monte sur le
sommet du mont Pisgab, etc. »
Cette preuve, comme toutes les preuves talmudiques, repose sur des arguties. Rabbi Eliezer veut dire, que Dieu n'a pas d'abord daigné répondre à ta demande de Moïse , mais qu'il lui a répondu après la prière. Malheureusement ce passage prouve précisément le contraire de ce qu'avance le Rabbi. Moïse prie. Dieu de lui permettre de passer le Jourdain, mais Dieu, ajoute-t-il, se courrouça contre moi, « cause de nous (parce que leur œuvre était contraire à sa loi). Dieu me dit : « Monte sur le sommet de l'isgah et lève tes yeux sur le sud, le nord, l'ouest et l'est, regarde de les jeux, mais tu ne passeras pas ce Jourdain. » Sa prière ne lui a donc guère servi. Mais le Talmud ne regarde pas de si près à un texte ; à la rigueur même, il le falsifie, ou il dit : ne le lis pas tel qu'il est écrit, ou bien il l'efîace : enfin , toute fin de texte justifie les moyens.
En général, un talmud ts te n'énonce pas d'opinion sans qu'il ne s'efforce de la trouver écrite dans la Bible, dût-il inventer le texte et lui faire
LE TALMUD. 227 dire le contraire de ce qu'il dit, ou par un paraJlélogisme de mots similaires, ou bien encore par un argument à fortiori, à faire crier les pierres.
Ce même Rabbi Eliezer dit : « La prière est plus grande que le sacrifice. » Et cette fois, il cite Isaïe qui dans son fameux chapitre premier, s'écrie : « Que me fait la quantité de vos sacrifices, etc., etc. d Mais Isaïe n'ajoute nullement, que Dieu aime mieux la prière.
Au contraire il dit ' : « Si vous accumulez prière sur prière, je ne vous écoute pas, vos mains sont pleines de sang. » Seulement le Rabbi conclut que la prière est plus grande que le sacrifice, parce que Isaïe, visant à l'effet par la gradation poétique, a l'air de dire : « 3e n'écoute même pas vos prières, bien que je les aime mieux que des sacrifices. »
C'est là un raffinement d'argumentation cher aux esprits talmudiques. C'est sur de telles bases, de véritables têtes d'épingle, que le Talmud fonde ses doctrines les plus graves, fus-
i. Verset 1 S.
sent-elles même conformes à la raison logique ! Il dit encore 1 (Nous ne comptons plus les cont radie lion s) : o Au moment de la mort de l'homme, toutes ses œuvres se séparent de lui, vont au devant et lui disent : tu as fait ceci et cela, ici et là, tel et tel jour, à tel ou tel endroit. Lui répond alors, c'est vrai. La-dessus, elles lui disent : signe et cacheté; et ce sont ces œuvres qui décident du sort de l'homme. »
Donc l'oeuvre est tout, car elle fait descendre l'âme dans l'enfer ou la réserve pour la vie éternelle. Nous verrons plus tard les péchés qui, d'après leTalmud, font descendre l'homme dans l'enfer et le maintiennent dans le purgatoire. Là-dessus aussi il y a des avis différents. H y a des rabbis disant, qu'une seule bonne action suffit pour sauver un homme'. « Et si neuf cent et quatre-vingt-dix-neuf actions l'accusent et qu'une seule bonne action le défende, il sera sauvé, car il est dit (Hiob. 3G) : « Si un seul ange défenseur sur mille dit la justice de l'homme il sera gracié. » Rabbi Jonathan