Traité Berachotb, livre I
LE TÀLMllu. 250 quatrième généra lion , à ses ennemis, c'esl-àclire, s'ils restent ennemis de Dieu el jusqu'à la millième pour le bien, à ses amis, s'ils persévèrent dans le bien. »
Toujours est-il que le juste malheureux, fils d'un pervers, paye pour son père, d'après le Talmud, ce qui est diamétralement contraire à ce qu'il vient de dire (Sanhédrin). Il est vrai que ce n'est pus le même rabbin. D'ailleurs peu importe. Pareilles solutions ont éle proposées par nombre de penseurs chrétiens, mais elles se heurtent toujours contre la logique. Puisque Dieu, d'après eux, peut pardonner et faire qu'une chose faite ne le soit pas, il pourrait, jour par jour, payer chacun selon ses œuvres.
Ou bien , puisqu'il sait d'avance ce que l'homme fera, qu'il sera juste ou injuste, il peut lui fabriquer de longue main une destinée adaj>tée à son caractère et à ses actions.
Ne perdons pas notre temps à trouver le 61 conducteur à travers ce dédale ténébreux. Cherchons la lumière, mais cherchons la avec la lumière seule de la raison.
Citons encore quelques passages sur les justes.
Rabbi Eliézer a dit' : « Pour un seul juste Dieu aurait créé le monde. Car il est écrit « Jéhovah vit que tout était bien » bien, cela veut dire un juste, car il est écrit' : « ils disent au juste, c'est bien. » Cela s'appelle en langage talmudique un Geserali Schava, un parallèle. Là est écrit bien et ici on lit bien, de même que là bien veut dire, telle ou telle chose, de même ici. Cette argumentation admise, on prouverait que le soleil, après avoir pris un bain de mer à minuit, vient de se déguiser en lune, pour recevoir une déclaration d'amour de Jupiter.
C'est un des sept midoth ou modes que nous avons déjà cités'.
i. Traité Berachoth, livre IV'.
ï. lsaîe, ebap. xm.
3. Je me rappellerai toujours une fête de Pourim (fête d'Esther) n Francfort. Bien que fort jeane encore , je comptais parmi les douze premiers étudiante talmudiques. (YïïllUJD). A cette fiUn dnnncc par le vénérable rabbin Trier se trouvaient rabbi Aaron Fould, rabbi Jacob Posené, rabbi Salomon Bass, rabbi Schaier et bon nombre d'autres juges talmudiques, faisant partie du tribunal sacré. Nous étions trés-gais et, d'après la sainte prescription, un peu piques par le vin. Après force chants et chansons hébraïques, la conversation tomba sur les sept Midoth, et comme ce
LE TALMTJD,
Poursuivons.
i< Nul juste tie meurt avant qu'un autre ne soit
jour-là tout est permis, les jeunes étudiants parodiaient, a qui mieux mieux, li-s jimo'-dés d'argumentation du Talmud. Mon tour vint. Je vais, m'écrïai-je, expliquer à nos saints rabbis ce que c'est qu'un Ce-erah Schava (parallélogisme).
Il est écrit : o Une femme qui manque hnmeoup (nombre de fois) aux lois de la pudeur, sera expulsée de la sainte commune. ■ Beaucoup de fois 1 Combien de fois?
Il est écrit : * Dans la bataille que les Éphraîmites livrèrent aux Benjamilcs, il est tombé beaucoup d'hommes. » Encore beaucoup! Combien? La même histoire est racontée dans les Parai ipomènes. * Il est tombe dans cette bataille beaucoup d'hommes. Et plus bas il c3t dit : « Quarante mille hommes, a Donc, la est écrit beaucoup et ici est écrit beaucoup, beaucoup veut dire partout : quarante mille fois 1
Et mon vieux rabbi de rire à se tenir les côtes.
Eh bien, toos les Geserab Schava du Talmud sont de cette force là.
Vouleî-vous nn idéal de mini bp dont nous avons déjà cité plusieurs exemples. C'est l'argument « fortiori. Voici un échantillon. Fendant l'action d'argumenter on tourne le pouce de la main droite, île droite à gauche. Ce mouvement est de rigueur. Les Talmudistes ont un geste particulier pour chaque procédé d'argumenter, a Puis donc il t'est défendu de toucher à ma caisse et que tu touches à la tienne, moi auquel il n'est pas défendu de toucher à ma caisse, à plus forte raison, à fortiori, je puis tourher à la
Cela ne nous a pas empêchés de discuter comme des enra-
né', car il est écrit* : «Et le soleil se couche et se lève. » Avant que le soleil d'Eli ne s'éteignit, celui de Samuel se leva. " Voyant que les Justes seront très-rares 1 , Dieu (il le voit d'avance) les a échelonnés pour les différentes époques. »
o Le monde se soutient pour l'amour d'un seid juste, car il est écrit : « Le juste est le fondement du monde. »
Nous avons déjà cité ce que le Talmud dit de lame des justes.
Il dit' : « A la fin, les justes ressusciteront avec leurs vêtements. Cela est prouvé par un Kal-Jf echomer (à fortiori). Puis donc le grain
gés pendant trente jours et trente nuits, (et nous étions une vingtaine), sur l'importante question que voici, savoir : En cas qu'une feuille de myrthe attachée à la brandie de palmier (Lullal) tombe de la tige, cst-ïl permis le jour dp Soucoth de la remplacer par une autre branche de myrthe, ou le Lullaf est il Pasel, c'est-à-dire, hors d'usage? Qui nous aurait vus criant, gesticulant, nous colletant quelquefois, nous eût certainement pris pour des fous échappés de Bicècre.