Esode, chap. ixiil, v. 1, etc., etc
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Où d'inr le nouveau Testament a-t-il lu que l'ancien disait : i Tu dois haïr ton ennemi. > ?
LOI FONDAMENTALE DE MOÏSE. 10S ber sous son fardeau, garde- Coi bien de {abandonner, soulage-le du fardeau. Ne penche pas dans sa querelle le jugement de ton pauvre.
Éloigne-toi de tout mensonge, ne livre jamais à la mort l'innocent et le juste, car je ne laisserai jamais le méchant impuni. N'accepte pas de présent corrupteur, car la corruption aveugle les sages et lord les paroles des justes. » Il répète plusieurs fois : a Ne vexe en rien ton prochain. »
Une loi n'est pas fondée sur la justice absolue sans qu'il y ait égalité parfaite devant celte même loi. L'égalité, en effet, est un des litres de gloire de Moïse. Nul législateur avant lui ne l'a énoncée avec autant d'énergie et de logique. Aujourd'hui même, sous bien des rapports, l'idéal de la civilisation européenne est loin d'atteindre celui de Moise. Cette vérité brillera surtout de tout son éclatquand nous aborderons son système politique et social. Il n'y a pas dans sa législation de trace d'une aristocratie quelconque, ni d'aucun
privilège. Les privilèges de la tribu de Lévi sont plutôt des devoirs que des droits. Cette tribu prélevait la dime des sacrifices parce qu'elle n'avait pas de droit à une propriété quelconque. C'était un clergé forcément voué à la pauvreté et n'exerçant pas d'autre influence que celle de sa science et de sa sainteté. Du moins tel était le but de Moïse disant 1 : « Ils n'auront point de propriété. C'est pourquoi j'ai donné aux lévites le prélèvement de la dime pour héritage. » Etpourtanteette seule inégalité des lévites devint la cause principale de la division entre Juda et Israël. . On a vu combien de fois Moïse recommande au juge de n'avoir égard pour son jugement, ni à la richesse, ni à la pauvreté. Le système d'impôt de Moïse est un système d'égalité absolue. La capilation de chacun est réduite à un demi-sicle afin que le rîcjie ne paye pas plus que le pauvre*, et qu'il n'ait nulle prétention à un avantage social quelconque. Dans la pratique pourtant, le principe d'égalité se heurtait aux usages invétérés (jus consueludtnarium). Ainsi il est douteux
I. Nombres chap. xvm, v. îîl et 24 i. Exode, chap. *xx, v. 1B,
LOI FONDAMENTALE DE MOÏSE. 107 que l'on eût pu casser une jambe à un malfaiteur qui l'avait cassée à son prochain avec préméditation, peine basée sur l'égalité absolue. Pour l'esclavage et la polygamie, Moïse a été forcé de faire des concessions à sou époque; mais, dans ces concessions mêmes, perce le génie de l'égalité. 11 défend d'abord de vendre un Israélite pour esclave*. 11 défend même' de livrer à son maître un esclave étranger qui s'est sauvé. Dès qu'il touchait le pays juif il était libre. Le juif ne pouvait devenir esclave que volontairement. Mais, même en se vendant, il était libre à la septième année. En cas qu'il ne voulût pas profiter de sa liberté, le maître lui forait un trou dans le lobe de l'oreille, signe flétrissant, et il restait esclave jusqu'à l'année du Jubilé. Au Jubilé, l'esclave n'avait plus le droit de n'être plus libre, il était affranchi de force. Un maître qui tuait son esclave était puni de mort' Quand battu, l'esclave perdait un œil ou une dent, il était affranchi de droit. Tout homme volant un 1s-