‹ Moïse; tragédie. Avec noticeChapitre 45 sur 46 · LES PRÉCÉDENTS, UN LÉVITE · texte numérisé non relu

LES PRÉCÉDENTS, UN LÉVITE

LE LÉVITE

Par la fureur du peuple Arzane lapidée Est rendue aux démons qui l'avaient obsédée. Mais Nadab l'a suivie ; en proie au désespoir, Chargeant de feux impurs un impur encensoir, Il souillait l'holocauste, alors que sur la poudre Il est tombé soudain.

MOÏSE

Qui l'a frappé?

LE LÉVITE

La foudre.

MOÏSE

O justice incréée, Arbitre souverain.

Je n'ai donc plus l'espoir de désarmer ta main!

(Au peuple.) Oui, vous serez punis ; il faudra que l'épée Cherche encor parmi vous la victime échappée. Vous mourrez au désert, et vos jeunes enfants Dans Jéricho sans vous entreront triomphants.

Caleb et Josué, sauvés par le Dieu juste,

Seuls du sacré Jourdain passeront l'onde auguste.

Moi-même, tout flétri de votre iniquité.

Du pays de Jacob je serai rejeté.

Salut, mont Abarim, d'où les yeux de Moïse

Découvriront les bords de la Terre-Promise ;

Abarim, où, chantant mon cantique de mort,

Je bénirai ce peuple en un tendre transport.

(Il éten.î les mains sur le peuple, qui s'incline.) Tribus, je vous bénis comme à ma dernière heure Au sein de mes enfants que je vive et je meure, Et qu'après mon trépas un voyageur divin Des vrais champs d'Abraham leur montre le chemin !

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