‹ Molière, 1622-1673Chapitre 11 sur 223 · LÉLIE, ANSELME, MASCARILLE · texte numérisé non relu

LÉLIE, ANSELME, MASCARILLE

LÉLIE

A qui la bourse ?

Ah ! dieux ! elle m'était tombée, Et j'aurais après cru qu'on me l'eût dérobée ; Je vous suis bien tenu de ce soin obligeant. Qui m'épargne un grand trouble et me rend mon ar- Je vais m'en décharger au logis tout à l'heure, [gent.

MASCARILLE

C'est être officieux, et très fort, ou je meure.

LÉLIE Ma foi, sans moi, l'argent était perdu pour lui.

MASCARILLE

Certes vous faites rage, et payez aujourd'hui

D'un jugement très rare et d'un bonheur extrême.

Nous avancerons fort, continuez de même.

LÉLIE

Qu'est-ce donc? qu'ai-je fait?

MASCARILLE

Le sot, en bon français, Puisque je puis le dire, et qu'enfin je le dois. Il sait bien l'impuissance où son père le laisse, [presse; Qu'un rival qu'il doit craindre étrangement nous Cependant, quand je tente un coup pour l'obliger Dont je cours moi tout seul la honte et le danger...

LÉLIE Quoi! c'était?...

MASCARILLE

Oui, bourreau, c'était pour la captive Que j'attrapais l'argent dont votre soin nous prive

S'il est ainsi, j'ai tort; mais qui l'eût deviné?

MASCARILLE Il fallait, en effet, être bien raffiné.

LÉLIE Tu me devais par signe avertir de l'affaire.

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