‹ Molière, 1622-1673Chapitre 216 sur 223 · SCÈNE VINGT ET UNIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE VINGT ET UNIÈME

CÉLIE

Oui, oui, mon choix est tel qu'on n'y peut rien re-

[prendre.

LÉLIE

Allez, vous faites bien de le vouloir défendre.

SGANARELLE

Sans doute, elle fait bien de défendre mes droits : Cette action. Monsieur, n'est point selon les lois ; J'ai raison de m'en plaindre, et, si je n'étais sage. On verrait arriver un étrange carnage.

LÉLIE D'où vous naît cette plainte et quel chagrin brutal...?

SGANARELLE

Suffit, vous savez bien où le bât me fait mal ; Mais votre conscience et le soin de votre âme Vous devraient mettre aux yeux que ma femme est ma Et vouloir à ma barbe en faire votre bien, [femme ; Q.ue ce n'e,st pas du tout agir en bon chrétien.

LÉLIE

Un semblable soupçon est bas et ridicule. Allez, dessus ce point n'ayez aucun scrupule, Je sais qu'elle est à vous, et, bien loin de brûler...

CÉLIE

Ahî qu'ici tu sais bien, traître, dissimuler!

LÉLIE

Quoi ! me soupçonnez-vous d'avoir une pensée De qui son âme ait lieu de se croire offensée ? De cette lâcheté voulez-vous me noircir ?

40 SGANARELLE

CÉLIE

Parle, parle à lui-même, il pourra t'éclaircir.

SGANARELLE, à Célie.

Vous me défendez mieux que je ne saurais faire, Et du biais qu'il faut vous prenez cette affaire.

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