ACTE DEUXIÈME. SCENE SEPTIEME
LÉANDRE
Écoute, Mascarille, et quitte ce transport ; Tu m'as plu de tout temps, et je souhaitais fort Qu'un garçon com.me toi, plein d'esprit et fidèle, A mon service un jour pût attacher son zèle ; Enfin, si le parti te semble bon pour toi, Si tu veux me servir, je t'arrête avec moi.
MASCARILLE
Oui, Monsieur, d'autant mieux que le destin propice M'offre à me bien venger en vous rendant service. Et que dans mes efforts pour vos contentements, Je puis à mon brutal trouver des châtiments. De Célie, en un mot, par mon adresse extrême...
LÉANDRE
Mon amour s'est rendu cet office lui-même : Enflammé d'un objet qui n'a point de défaut, Je viens de l'acheter moins encor qu'il ne vaut.
Quoi! Célie est à vous?
Tu la verrais paraître, Si de mes actions j'étais tout à fait maître ; Mais quoi ! mon père l'est ; comme il a volonté, Ainsi que je l'apprends d'un paquet apporté, De me déterminer à l'hymen d'Hippolyte, J'empêche qu'un rapport de tout ceci l'irrite. Donc avec Trufaldin, car je sors de chez lui. J'ai voulu tout exprès agir au nom d'autrui; Et, l'achat fait, ma bague est la marque choisie Sur laquelle au premier il doit livrer Célie :
Je songe auparavant à chercher les moyens D oter aux yeux de tous ce qui charme les miens, A trouver promptement un endroit favorable Où puisse être en secret cette captive aimable.
MASCARILLE
Hors de la ville un peu, je puis avec raison D'un vieux parent que j'ai vous offrir la maison ; Là vous pourrez la mettre avec toute assurance, Et de cette action nul n'aura connaissance.
LÉANDRE
Oui, ma foi, tu me fais un plaisir souhaité. Tiens donc, et va pour moi prendre cette beauté. Dès que par Trufaldin ma bague sera vue, Aussitôt en tes mains elle sera rendue ; Et dans cette maison tu me la conduiras Quand... Mais chut ! Hippolyte est ici sur nos pas.