‹ Molière, 1622-1673Chapitre 43 sur 223 · ACTE TROISIEME SCENE QUATRIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME SCENE QUATRIEME

LÉLIE

Que puis-je donc pour toi?

MASCARILLE

C'est que de votre père Il faut absolument apaiser la colère.

LÉLIE

Nous avons fait la paix.

MASCARILLE

Oui, mais non pas pour nous :

Je l'ai fait ce matin mort pour l'amour de vous ; La vision le choque, et de pareilles feintes Aux vieillards comme lui sont de dures atteintes Qui, sur l'état prochain de leur condition, Leur font faire à regret triste réflexion . Le bonhomme, tout vieux, chérit fort la lumière. Et ne veut point de jeu dessus cette matière ; Il craint le pronostic, et, contre moi fâché, On m'a dit qu'en justice il m'avait recherché ; J'ai peur, si le logis du roi fait ma demeure, De m'y trouver si bien dès le premier quart d'heure Que j'aie peine aussi d'en sortir par après : Contre moi dès longtemps on a force décrets ; Car enfin la vertu n'est jamais sans envie Et, dans ce maudit siècle, est toujours poursuivie. Allez donc le fléchir.

LÉLIE

Oui, nous le fléchirons ; Mais aussi tu promets...

MASCARILLE

Ah ! mon Dieu, nous verrons.

(Lélie sort.)

8o L'ÉTOURDI

Ma foi, prenons haleine après tant de fatigues : Cessons pour quelque temps le cours de nos intrigues Et de nous tourmenter de même qu'un lutin : Léandre, pour nous nuire, est hors de garde enfin, Et Célie arrêtée avecque l'artifice...

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