‹ Molière, 1622-1673Chapitre 62 sur 223 · ACTE aUATRIEME. SCÈNE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE aUATRIEME. SCÈNE CINQUIÈME

MASCARILLE

Mais pour qui, je vous prie, un tel préparatif ?

TRUFALDIN

Pour toi premièrement, puis pour ce bon apôtre Qui veut m'en donner d'une, et m'en jouer d'une Pour cet Arménien, ce marchand déguisé, [autre ; Introduit sous l'appât d'un conte supposé.

MASCARILLE

Quoi ! vous ne croyez pas?...

TRUFALDIN

Ne cherche point d'excuse.

Lui-même heureusement a découvert sa ruse ; Et, disant à Célie, en lui serrant la main, Que pour elle il venait sous ce prétexte vain, Il n'a pas aperçu Jeannette, ma fillole, Laquelle a tout ouï, parole pour parole ; Et je ne doute point, quoi qu'il n'en ait rien dit, Que tu ne sois de tout le complice maudit.

MASCARILLE

Ah ! vous me faites tort. S'il faut qu'on vous affronte, Croyez qu'il m'a trompé le premier à ce conte.

Veux-tu me faire voir que tu dis vérité ? Qu'à le chasser mon bras soit du tien assisté ; Donnons-en à ce fourbe, et du long et du large. Et de tout crime après mon esprit te décharge.

MASCARILLE

Oui-da, très volontiers; je l'épousterai bien,

Et par là vous verrez que je n'y trempe en rien.

(A part.) Ah! vous serez rossé, monsieur de l'Arménie, Qui toujours gâtez tout.

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