‹ Molière à ChambordChapitre 11 sur 48 · CHAPELLE, LE MARQUIS · texte numérisé non relu

CHAPELLE, LE MARQUIS

LE MARQUIS

Qu'ils se mordent eiilr'eux ; que dans leurs hémistiches,

Tour à tour se logeant comme saints dans leurs niches,

Ils nous donnent à nous le spectacle amusant

De pédants et de sots se ridiculisant

A qui mieux mieux... C'est bien : je suis loin de proscrire

Cette guerre d'auteurs qui souvent m'a fait rire.

L'état n'est pas troublé de ces petits débals :

La tourbe de ces gens vit et rampe si bas !

Mais toucher au marquis ! l'audace est singulière,

Et c'est un impudent, morbleu ! que ce Molière.

Prenez garde : à la cour il n'est pas sans appui... Et le mot d'impudent...

LE MARQUIS

Ce mol est fait pour lui.

CIIAPELLK.

Condù pour protecteur, Vivonne pour Mécène, Sont bien de quelque poids...

LE MARQUIS

Un boufTon de la scène Attaquer les marquis !

CHAPELLE

Le roi Testime aussi.

LE MARQUIS

L'astre de la faveur pour lui s'est obscurci. Son début à Chambord a compromis sa gloire : Votre Icare, en un mot, s'est noyé dans la Loire.

CHAPELLE

Fort bien ! avec esprit lectrait est aiguisé.

LE MARQUIS

Sa farce de Jourdain est d'un homme épuisé.

Qui s'éteint... Franchement, nous prend-il pour des grues,

Avec ces pauvretés à brailler dans les rues :

Ha la ba ba la chou, ba la ba ba la da !

Hé ! vous ne riez pas ?

CHAPELLE

Si fait, je ris, ha ha!

LE MARQUIS

Riez. Vit-on jamais des sottises pareilles? Ha la ba ba la da ! Quel chant pour les oreilles! Quel aimable refrain! Ba la ba ba la chou! Mais riez donc, riez! moi, je ris comme un fou :

ACTK II, SCk^K I. '^)'i

^ ■ CIlAPKLLIi.

Je le vois bien, Marquis. Soil dit sans vous dépiaiii;,

Je ne puis rire, moi, que de voire colère.

Oui, vous déguisez mal, sous ce rire forcé,

Que jusqu'au fond du cœur vous vous sentez blessé...

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