ACTI*: II, SCÈNE M
SOYECOUUT.
H6 bien ! quoi ?
LE MARQUIS
Puisqu'il Caut vous le dire, il vous a joué.
SOYECOURT
Moi?
LE MARQUIS
Du chasseur des Fâcheux vous êtes le modèle.
SOYECOURT
Moi ?
LE MARQUIS
Dorante... c'est vous, votre portrait tidèlc... On l'assure du moins...
Tant mieux, morbleu, tant mieux !
LE MARQUIS
Comment ! vous n'êtes pas indigné, furieux ?
SOYECOURT
Moi ! je suis enchanté. Certe, on ne saurait faire
Un portrait plus flatteur. De beaucoup je préfère
L'éloge de Molière à ce bruit décevant
Des compliments de cour qui ne sont que du vent.
Vive Dieu ! j'en suis fier. Oh ! Molière est un homme...
Un homme!.. N'est-il pas quelque peu gentilhomme?
LE MARQUIS
Allons! lui gentilhomme!., un pauvre baladin... Gentilhomme ! ù peu près comme Monsieur Jourdain : Mamamouchi Molière î
SOYECOURT
Il n'importe, j'ai hâte De lui dire combien son procédé me flatte.
LE MARQUIS
Surtout louez-le fort d'avoir dans son cerveau Pour le courre du cerf trouvé ce mot nouveau, Superbe cri de chasse... Ah! vingt piqueurs ensemble Hurlant ce mot, feraient un beau bruit, il me semble.,
Mais j'ignore, Marquis... Quel est donc ce mot-là ?
LE MARQUIS
Ha la ba ba la chou, ba la ba ba la da !
SOYECOURT
Assez !... grâce !
LE MARQUIS
Ha la ba ba la chou !..
SOYECOURT
Je vous prie !
LE MARQUIS
Quoi ! ce n'est pas un mot propre à la vénerie ?
SOYECOURT
Profane, taisez-vous. Ah ! la chasse est un art... Un art !... il a sa langue et son génie à part ; Ses usages, ses mœurs, ignorés du vulgaire. C'est un apprentissage au métier de la guerre, Ecole de courage et de mâle vigueur, Seul travail sans dégoût, seul plaisir sans langueur. S'élancer au signal des fanfares bruyantes, A la voix des piqueurs, des meutes aboyantes.