‹ Molière à ChambordChapitre 15 sur 48 · ACTI*: II, SCÈNE M · texte numérisé non relu

ACTI*: II, SCÈNE M

SOYECOUUT.

H6 bien ! quoi ?

LE MARQUIS

Puisqu'il Caut vous le dire, il vous a joué.

SOYECOURT

Moi?

LE MARQUIS

Du chasseur des Fâcheux vous êtes le modèle.

SOYECOURT

Moi ?

LE MARQUIS

Dorante... c'est vous, votre portrait tidèlc... On l'assure du moins...

Tant mieux, morbleu, tant mieux !

LE MARQUIS

Comment ! vous n'êtes pas indigné, furieux ?

SOYECOURT

Moi ! je suis enchanté. Certe, on ne saurait faire

Un portrait plus flatteur. De beaucoup je préfère

L'éloge de Molière à ce bruit décevant

Des compliments de cour qui ne sont que du vent.

Vive Dieu ! j'en suis fier. Oh ! Molière est un homme...

Un homme!.. N'est-il pas quelque peu gentilhomme?

LE MARQUIS

Allons! lui gentilhomme!., un pauvre baladin... Gentilhomme ! ù peu près comme Monsieur Jourdain : Mamamouchi Molière î

SOYECOURT

Il n'importe, j'ai hâte De lui dire combien son procédé me flatte.

LE MARQUIS

Surtout louez-le fort d'avoir dans son cerveau Pour le courre du cerf trouvé ce mot nouveau, Superbe cri de chasse... Ah! vingt piqueurs ensemble Hurlant ce mot, feraient un beau bruit, il me semble.,

Mais j'ignore, Marquis... Quel est donc ce mot-là ?

LE MARQUIS

Ha la ba ba la chou, ba la ba ba la da !

SOYECOURT

Assez !... grâce !

LE MARQUIS

Ha la ba ba la chou !..

SOYECOURT

Je vous prie !

LE MARQUIS

Quoi ! ce n'est pas un mot propre à la vénerie ?

SOYECOURT

Profane, taisez-vous. Ah ! la chasse est un art... Un art !... il a sa langue et son génie à part ; Ses usages, ses mœurs, ignorés du vulgaire. C'est un apprentissage au métier de la guerre, Ecole de courage et de mâle vigueur, Seul travail sans dégoût, seul plaisir sans langueur. S'élancer au signal des fanfares bruyantes, A la voix des piqueurs, des meutes aboyantes.

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