‹ Molière à ChambordChapitre 5 sur 48 · ACTE I , SCKNi; I 1 I . lo · texte numérisé non relu

ACTE I , SCKNi; I 1 I . lo

Sa mécluuile loilelte à Trcart l'a loiiu... Fcrai-je i'i ma mémoire l\ la fin rendre gorge ! Froment... L'Avoine... Non ! L'Orge... D'Orge...

MOI.IKRE.

Mondorge?

ItARON.

Mondorge! c'esl cela.

iMOMKRE.

Qui courait autrefois

BARON

Et qui jouait les rois.

Ce prince est maintenant tout h ftiil sans ressource El loge, comme on dit, le diable dans sa bourse.

MOLIÈRE, avec sévérité.

Parlez plus décemment, Baron, un malheureux Est un objet sacré pour tout cœur généreux. Trop souvent à railler ton esprit s'abandonne...

(Avec bonté).

Sois simple et bon. Voyons, que veux-tu que je donne?

BARON

Quatre pisloles.

MOLIÈRE

Hé ! c'est bien peu que cela.

(Lui remettant une bourse). {Lui remettant une seconde bourse).

Quatre pistoles, soit, de ma part; mais voilà Vingt pisloles en sus : ce sera de la tienne. Entre frères il faut qu'en frère on se soulienne. Un acteur dans la foule esl seul et sans appui ;

Un préjugé se place entre le monde ellui.

L'avenir nous fera d'autres deslins, j'espère :

Nos jours seront meilleurs, l'art sera plus prospère ;

Nous ne formerons plus enfin un peuple à part :

Des droits communs à tous nous aurons notre part.

Mais le monde aujourd'hui de ses dédains nous blesse

Montrons-lui des vertus pour litres de noblesse,

Et nous portant sans cesse aux belles aciions

Forçons-le de rougir de ses préventions.

Oh! sois bon, sois humain, mon enfant : fais en sorte

Qu'un malheureux jamais d'auprès de toi ne sorte

Sans être consolé. Mondorge, me dis-tu,

Sans argent, est de plus fort pauvrement velu :

Eh bien! (C'est un devoir qu'ù ton cœur j'abandonne)

Va dans ma garde-robe et choisis : donne, donne...

Enfin, pour que nos dons ne puissent l'offenser.

Préviens-le que j'irai le voir et l'embrasser.

A lui d'abord, et puis au théâtre, et sur l'heure

Qu'on s'assemble.

(Baron sort).

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