ACTE I, SCÈNE XVIII
” MAGDELEINE
Un présent?... Et de quel droit cet étranger vous fait-il un présent?...
ARMANDE
Allez-vous point me le retirer ?
MAGDELEINE, lui retirant la bagne.
Oui , pour le donner à quelque pauvre ; vous ne devez {joint recevoir de présents.
ARMANDE, pleurant et allant à Molière.
Voyez, Molière, c’est une tyrannie ! ma sœur me prend tout et me chagrine en toutes choses.
Molière, à Magdeleine en lui prenant la bagne.
Amie, vous pouvez lui laisser ce jouet d’enfant ; l’homme qui le lui envoie n’est point à craindre ; il y a trop loin de lui à nous pour qu’il ait dessein de se souvenir d’elle.
(U loi donne la bague.)
ARMANDE
C’est donc un grand personnage ?...
Plus que cela ! c’est un très-grand homme !
D ü P A R C , allant à Molière.
Vrai? je lui ai trouvé la mine d’un fou. (Il retourne vers la voiture.)
BnÉcouRT , à Molière.
Et moi , celle d’un diable ! Je ne suis point un poltron, je crois avoir fait mes preuves : eh bien ! pendant que je croisais l’épée avec lui , ses yeux me lançaient des éclairs qui m’empêchaient de voir ceux de sa lame.
Brécourt, tu eusses peut-être bien fait de le tuer, qui sait?... Mais les desseins de Dieu sont cachés, et j’ai senti comme une force supérieure qui m’obligeait à le préserver de tes coups.
A RM AND E.
Qui est-ce donc? mon Dieu! oh! mon cher Molière, dites donc vite...
MOLIÈRE, regardant aux alentours.
Il est parti ?
PIERRETTE
Oh ! ma fine, il est loin !
Eh bien, mesdames, eh bien, mes amis, cet homme-là c’est monsieur le prince de Condé !
MAGDELEINE
Le prince de Condé !