ACTE I, SCÈNE XVIII
mal. Turenne, le grand Turenne ! était hier contre le roi avec Condé ; demain, peut-être, Condé sera avec le roi contre Turenne. Eh bien ! mesdames, n’est-ce point le moment de nous remettre en route?... Qu’avez-vous donc, Armande?... vous êtes tout émue... qui vous agite ainsi?...
ARMANDE, absorbée.
Le grand Condé m’a donné une bague! à moi!... oh! il no m’oubliera point... seule ici j’ai porté sa santé !... C’est beau ! un diamant ! cela brille comme le soleil ! comme la gloire !
»l 0 1. 1 È R E , à Armande.
Enfant! la gloire vous tourne la tète.
ARMANDE
Oui , oui , philosophez là-dessus, vous autres qui n’en avez point, qui n’en aurez jamais. Moi , j’en veux, j’en ai! puisque le grand Condé a fait attention à moi !
MOI.IÈnE.
Il y a plus d’un chemin pour arriver à la gloire. Armande... mais vous ne m’écoutez point... (A Magdeleine.) Elle a la tète perdue, votre sœur, et vous allez la voir nous mépriser désormais... (Baissant la voix.) Eh bien! croyez-vous encore que je puisse songer à épouser cette glorieuse?...
MAGDELEINE, à part.
Dieu en soit béni ! Molière n’aura jamais de gloire.