‹ Molière; drama en cinq actesChapitre 55 sur 101 · MOLIÈRE, ARMANDE, MAGDELEINE · texte numérisé non relu

MOLIÈRE, ARMANDE, MAGDELEINE

MAGDELEINE

Qu'est-ce donc, Molière? vous êtes tout ému, vous paraissez souffrant? (Magdeleine s’approche de lui. Elle s’arrête interdite.)

ARMANDE, à part.

Allons, il faut en finir. (Haut.) Ce n’est rien, ma sœur. Nous nous querellions : je me veux marier, et il s’emporte contre moi ; je vous demande un peu pourquoi ?

MAGDELEINE , St part.

Oh! je le sais bien, moi! (Haut.) Mais, au fait, que lui importe?... Parlez donc, Molière.

MOLIÈRE, faisant an effort sur lai-même.

Je n’ai rien à vous dire, sinon que je trouve étrange cette résolution soudaine, et blessante la façon dont elle me la vient

annoncer; je me croyais son ami, son conseil, son protecteur, et elle me fait mystère de ses résolutions; qu’elle les garde pour elle seule ou qu'elle vous les dise. Je m’en lave les mains.

MAGDELEINE

Parlez, ma sœur. Pourquoi ne diriez-vous point franchement à Molière quelle est la personne (pie vous aimez?

A R M A N I) K , regardant Molière.

Cela m’est impossible.

MAGDELEINE, allant à Armandc.

Me le direz-vous, à moi?

Oui, si vous me promettez le secret vis-à-vis de tout le monde , ( Montrant Molière.) et de lui tout le premier.

MAGDELEINE, à Molière.

Vous l’entendez, mon ami ; que dois-je faire?

MOLIÈRE, *e levant.

L’écouter, la conseiller dans son intérêt, la marier avec celui qui lui plaît, si c’est un honnête homme, et ne me point consulter, puisque telle est la fantaisie de son ingratitude.

MAGDELEINE, à part, le regardant sortir à droite .

Mon Dieu , comme il souffre !

Page 1