MOLIÈRE, ARMANDE, MAGDELEINE
MAGDELEINE
Qu'est-ce donc, Molière? vous êtes tout ému, vous paraissez souffrant? (Magdeleine s’approche de lui. Elle s’arrête interdite.)
ARMANDE, à part.
Allons, il faut en finir. (Haut.) Ce n’est rien, ma sœur. Nous nous querellions : je me veux marier, et il s’emporte contre moi ; je vous demande un peu pourquoi ?
MAGDELEINE , St part.
Oh! je le sais bien, moi! (Haut.) Mais, au fait, que lui importe?... Parlez donc, Molière.
MOLIÈRE, faisant an effort sur lai-même.
Je n’ai rien à vous dire, sinon que je trouve étrange cette résolution soudaine, et blessante la façon dont elle me la vient
annoncer; je me croyais son ami, son conseil, son protecteur, et elle me fait mystère de ses résolutions; qu’elle les garde pour elle seule ou qu'elle vous les dise. Je m’en lave les mains.
MAGDELEINE
Parlez, ma sœur. Pourquoi ne diriez-vous point franchement à Molière quelle est la personne (pie vous aimez?
A R M A N I) K , regardant Molière.
Cela m’est impossible.
MAGDELEINE, allant à Armandc.
Me le direz-vous, à moi?
Oui, si vous me promettez le secret vis-à-vis de tout le monde , ( Montrant Molière.) et de lui tout le premier.
MAGDELEINE, à Molière.
Vous l’entendez, mon ami ; que dois-je faire?
MOLIÈRE, *e levant.
L’écouter, la conseiller dans son intérêt, la marier avec celui qui lui plaît, si c’est un honnête homme, et ne me point consulter, puisque telle est la fantaisie de son ingratitude.
MAGDELEINE, à part, le regardant sortir à droite .
Mon Dieu , comme il souffre !