SCÈNE III
MOLIÈRE, PIERRETTE, amenant la petite Madeleine (six à huit
ans).
LA PETITE MADELEINE, qui porte un bouquet.
C’est moi, mon papa, qui me suis levée de bonne heure, parce que Laforest dit que c’est aujourd’hui votre fête, et qu’il faut vous présenter à votre réveil ce que vous aimez le mieux.
Molière , la prenant sur ses genoux.
Oh ! oui, certes, .elle a bien raison, ta bonne Pierrette ; elle sait que nia petite Madeleine est ce que j’aime le plus au monde! (Il l'embrasse.)
LA PETITE MADELEINE
Laforesta dit comme ça que ma marraine, la tante Béjart, viendra me voir pour bien sur aujourd’hui , et qu’elle m’apportera une belle grande poupée.... Et ma petite maman, quand est-ce donc qu’elle viendra ?
PIERRETTE
Peut-être bien demain.
LA PETITE MADELEINE
Tu dis toujours comme ça, demain !... Est-ce que vous pieu rez, mon papa ; vous avez la figure toute mouillée?
Non, ma fille, non pas! (A Pierrette ) Emmène-la; il ne faut pas queles enfants voient des larmes. (A sa fllie.) Va courir dans le jardin, Mademoiselle, et tu reviendras déjeuner avec moi.
LA PETITE MADELEINE
Oui, mon papa. (Elle lui envoie des baisers.)
(Pierrette conduit l'enfant à 1a porte et la regarde son aller.)