ACTE III, SCÈNE X
Qui donc? qui donc !
PIERRETTE
La petite; monsieur ! Votre fille !
Eh bien ! ma fille ! où est-elle? où est-elle?
' PIERRETTE
Monsieur, elle était descendue au jardin , vous savez , pendant que Madame était ici. J’ai été chercher l’enfant pour embrasser sa mère...
M OLIÈRE.
Eh bien ! Mais parle donc 1 achève donc ! tu me fais mourir !
PIERRETTE
Eli bien ! Monsieur, mademoiselle n’était plus au jardin. J’ai couru dans toute la maison ; je ne l’ai point trouvée. Personne ne l’a vue, Monsieur, personne.
Mon enfant 1 mon enfant !
DUPARC
C’est sa mère qui l’a fait enlever, j’en jurerais.
Sa mère ! Oh ! oui, elle m’en a menacé souvent !
DUPARC
Molière, dans une heure , ta fille sera dans tes bras , c’est moi qui t’en réponds.
MOLIÈRE , retenant Brécourt et les antres qui veulent courir après Armande.
Arrêtez, mes amis, pas de bruit, pas de scandale, surtout devant l’eufant qui aime et respecte sa mère.... Assurez-vous
que c’est sa mère qui l’emmèno , et ne vous y opposez pas. ( Brécourt, Dnparc et Baron sortent.) O mon Dieu ! mon Dieu ! m’arracher ma fille, le seul bonheur qu’elle m’avait donné ! Je succomberai à ce dernier coup.