ARMANDE, MOLIÈRE, MAGDELEINE
( Armande Ta s'asseoir à gancbc, Molière snr le banc de pierre, Magdeleine
an pied da tronc d'arbre.)
MOLIÈRE, assis.
Eh bien ! mes enfants, vous le voyez, vous avez voulu suivre
ma fortune errante, et je n'ai souvent à vous offrir qu'un siège de gazon et un toit de feuillage: c est trop de fatigues et d'aventures pour des femmes délicates.
MAGDELEINE
Jusqu'ici , quant à moi , je n'ai ressenti aucune fatigue, et nos aventures m'ont semblé plus divertissantes que fâcheuses. Je l'aime, cette vie vagabonde, et ne me l'étais point imaginée aussi agréable qu'elle l'est en votre compagnie.
MOLIÈRE, se levant et allant k Blagdeleine, toot en regardant de temps en temps Armande qai s'est assise d'on air boadeor.
Vous parlez ainsi pour ne me point affliger, sachant bien que je voudrais vous donner toutes les aises, et que je souffre de ne pouvoir ôter les épines de votre chemin. Quel caractère généreux est le vôtre, Magdeleine, et qu'un mot de vous sait donner de courage et de consolation.
MAGDELEINE, se levant.
Vous no vous connaissez donc point vous-même, Molière ; car vous êtes mon modèle, et c'est à vous que je m'efforce de ressembler pour être satisfaite de moi.
ARMANDE
Ah I mon Dieu, que de compliments î est-ce un rôle que vous récitez là tous les deux?
MAGDELEINE
Je dis ma pensée, qui devrait être la vôtre aussi, Armande.
ARMANDE
Oh 1 ma pensée, la voici pour le moment : j'ai chaud , j'ai faim, et je suis lasse.
La pauvre mignonne 1 hâtons-nous donc de déjeuner.
(Il s'approche da panier. — Armande se lève.)
MAGDELEINE, allant à Molière.
Non, pas auparavant que nos camarades, qui prennent de la