‹ Molière: drame en quatre actesChapitre 103 sur 104 · ACTE IV, SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE XIV

MOLIÈRE, sortant de sa rêverie.

Le roi I . . . une fête ! . . . Molière ! . . . (il s'affaisse leniemeni sur an foQteofl.) Prince, dites ail roi ^que Molière se meurt, et n'a plus de maître ici-bas. (U tombe dans son faateail.)

MAGDELEINË.

Molière! oh! mon Dieu?

PIERRETTE

Du secours, ob! mon Dieu, du secours! ^

( Tons les ouvriers et trois gentilsbommes de la suite de Gondé entrent de tous côtés cl restent consternés. }

Non, point de secours autre que celui de vos cœurs... du repos, du silence; priez, priez autour de moi. (Tous les ouvriers se mettent à genoux.) Dieu est ici comme partout, et les bigots ne le peuvent chasser de mon âme.

CONDÉ, lui tenant la main.

Il expire! Mais voici dans sa main... une dernière volonté sans doute, et que nous lui devons promettre d'observer, tandis qu'il respire encore... Lisez, monsieur Baron.

BARON, prenant le papier.

Oh ! mon Dieu ! voilà ce qui l'a tué.

DUPARC, voulant prendre le papier.

Qu'est-ce donc?

BARON, donnant la lettre k Brécourt.

Une lettre, une lettre folle et puérile que j'écrivis à sa femme avant son mariage... .0 Molière, ô mon bienfaiteur, ô mon père, vos sens ne m'entendent plus, et je ne puis me justifier, et vous allez mourir en me maudissant.

(Il sanglotte et tombe à genoux. )

DUPARC, allant à Baron.

Baron, es-tu coupable de sa mort?.. Oh! je te tuerais!

BRÉCOURT

Non, Baron n'est pas coupable : il a aimé Armande, mais il s'est vaincu lui-même , et depuis le jour où elle à été la femme de Molière, Baron a été digne de Molière. Ame défaillante de mon ami, grande âme du meilleur des honimes, si tu peux encore m'entendre, que le courroux et la douleur te quittent ! pars en paix pour un monde meilleur, et sache qu'autour de toi, en ce moment, il n'y a que des cœurs fidèles.

DUPARG.

Hélas I il ne t'entend plus.

MOLIÈRE, se ranimant.

Si, si, je l'entends... Baron, viens sur mon cœur. (Baron se j ette aox genoax de Molière, qui le tient an moment entre ses bras et l'embrasse.) Pardonne à un mourant I Ah! c'est elle... elle qui me tue., je lui pardonne!... Magdeleine, ma sœur! mes amis... brave Condé, ma bonne servante!... mes ouvriers... (Tous lesoiwriers se mettent à genoax.) Dignes gens... je vous quitte!... ne me plaignez pas... j'ai tant de fois désiré ce moment-ci... mais, mon Dieu, qu'un homme souffre avant de pouvoir mourir 1

BRÉCOURT

n respire encore, emportons-le chez lui !

MOLIÈRE, se sonleyani.

Oui, je veux mourir chez moi... je veux bénir ma fille !

CONDE, allant à Molière.

Appuyez-vous sur moi, Molière.

DUPARG.

Ah ! perdre le seul homme que j'aie jamais aimé !

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