MOLIÈRE, MAGDELEINE
MOLIERE, assis dans son fauteuil . ■
Mon amie , laissez-moi vous faire une question. Dans le cours de notre longue et paisible amitié, m'est-il arrivé, à mon insu , de vous causer quelque peine ?
MAGDELEINE
Pourquoi cette demande? jamais, que je sache.
Quoi , je ne vous ai jamais fait souffrir , j'ai toujours été digne de votre confiance 1 quand je vous jurais que je n'aimais point votre sœur, que je ne l'épouserais jamais , je ne vous ai point trompée ?
MAGDELEINE
Vous étiez de bonne foi.
Oh I devant Dieu , je le jure , cependant ! j'ai manqué à la parole que je vous avais donnée , à celle que je m'étais donnée à moi-même.
MAGDELEINE
Vous en avez été relevé le jour où j'ai vu dans votre cœur plus clair que vous-même.