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Comptes de la cour, pour l'année

Tannée 1682, et finit avec les Fées, de Dufresny et Biancolelli, au 2 mars i697. C'est là ce qui constitué le répertoire authentique du Théâtre italien en France, jusqu'à la fin du dix-septième siècle. Un certain nombre d'autres pièces sont indiquées par Louis Riccoboni, dans la liste qu'il h placée en tôte du Nouveau Théâtre italien^ comme étant « très -anciennes. » Celte désignation en fait probablement remonter Torigine avant la clôture de 1697 ; mais n'a rien que d'indéterminé en ce qui pourrait concerner Molière, car nous voyons Riccoboni l'appliquer aux pièces de Gintio (Romagnesi) et à quelques-unes de celles que nous venons d'énumérer en dernier lieu.

Vlir. — Page 557.

Ce qu'on a dit relativement à la Fausse Prude reçoit quelque vraisemblance du caractère fort impertinent dont Angelo Costantini (Mezzetin) a donné plus d'uae preuve. Il suffit de rappeler les aventures qu'il courut après la clôture du Théâtre italien. Costantini partit alors pour l'Allemagne où il reçut des propositions d'Auguste I", roi de Pologne, qui le chargea de recruter une troupe. Mezzetin s'acquitta si bien de cette mission que le roi le nomma camérier intime,

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trésorier des menus plaisirs, et Tanoblit. Mezzetin, enhardi par ces faveurs, s'éprit de la favorite du roi et lui déclara son amour. Il ne s'en tint pas là, il railla son protecteur et en fit la caricature grotesque devant cette favorite. Le roi avait été averti de l'insolence du comédien ; et, caché, il le vit insulter la Majesté Royale; il sortit de sa cachette le sabre à la main, et voulait tuer le traître. Mais il s'arrêta, en songeant qu'une telle exécution était indigne de lui; il le fit arrêter et conduire au château de Konigstein.

Pour avoir joué cette dangereuse comédie, Mezzetin resta vingt ans en prison. Au bout de ce temps, une autre dame de la cour d'Auguste, qui, à cette époque, avait du crédit sur le cœur et Tesprit du roi de Pologne, engagea ce prince à visiter sa prison d'État. Elle fit venir Gostantini, qui parut « avec une barbe qu'il avait laissée croître depuis sa détention. » Il se jeta aux pieds du roi ; mais, bien que la dame joignit ses supplications aux siennes, Auguste demeura inexorable. Toutefois, cette dame travailla si bien l'esprit du roi que, quelques mois après, Gostantini fut mis en liberté, à condition de sortir immédiatement des États du prince rancunier.

Mez2etin était vieux aiors^ « presque sexagénaire. » S'il avait réellement, dans la Fausse Prude^ occasionné par des allusions plus ou moins piquantes la suppression de la troupe à laquelle il appartenait, son

humeur agressive joua plus d'un mauvais tour à cet acteur.

Voici un trait de lui qui n'est 'que plaisant et spirituel : il appartient à la période de 1683. à 1697, où Mezzetin jouait à Paris; il est ainsi raconté dans V Histoire de V ancien Théâtre italien : « Mezzetin avait dédié une pièce à M. le duc de Saint-Aignan, qui payait généreusement les dédicaces. Dans le dessein de recevoir la récompense qu'il espérait, il se rendit un malin chez le duc; mais le suisse, se doutant du sujet de sa visite, ne voulut point le laisser entrer. Mezzetin, pour le toucher, lui offrit le tiers de la récompense qu'il recevrait de son maître, et passa au moyen de cette promesse. Il rencontra sur l'escalier le premier laquais, qui ne fut pas moins intraitable que le suisse; Mezzetin lui promit l'autre tiers, et il fut introduit dans Tappartement. Il y trouva le valet de chambre, qui se montra encore plus inflexible que les deux autres, et ne se relâcba que difficilement à la promesse du troisième tiers; de sorte qu'il ne resta plus rien au pauvre Mezzetin qui, dès qu'il aperçut le duc, courut à lui et lui dit :

« — Ah ! monseigneur, voici une pièce de théâtre « que je prends la liberté de vous présenter, et pour « laquelle je vous prie de me faire donner cent coups « de bâton. » Cette demande singulière étonna le duc, qui voulut en savoir la raison. « C'est, monseigneur, « que , pour pouvoir approcher de votre personne,

« j*ai été obligé de promettre ù votre suisse, à votte '( laquais et à votre valet de chambre, à chacun un « tiers de ce que vous auriez la bonté de me donner. » « Le duc fit une sévère réprimande à ses gens, et envoya cent louis à la femme de Mezzetin, qui n'avait rien promis. »

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