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RETOUR DE MOLIERE A PARIS

A la fin de l'année où Ton représenta la Rosaure, une troupe de campagne, ayant obtenu le patronage de Monsieur, frère du roi, fit un premier début devant la cour (24 octobre 1658), à la suile duquel elle eut permission de jouer alternativement avec les Italiens sur le théâtre du Petit-Bourbon. Cette troupe de campagne, c'était, sauf quelques changements survenus dans son personnel, la troupe de Vllltistre Théâtre, qui avait quitté Paris une douzaine d'années auparavant; mais elle ne portait plus ce nom ambitieux. Molière, qui avait alors trente -six ans, et qui était devenu un maître à son tour, en était le directeur. Il paya aux Italiens quinze cents livres pour sa contribution aux dépenses faites par eux dans la salle, et donna ses

représentations les jours où ils ne jouaient pas, c'est-à-dire les lundi, mercredi, jeudi et samedi de chaque semaine.

Le 3 novembre, les nouveaux venus commencèrent à représenter en public. Les deux troupes qui occupaient la même scène ne différaient notablement que par le langage.

Molière, de retour à Paris, rapportait dans son bagage deux grandes pièces déjà jouées en province : CÉtourdi ou les Contre-temps et le Dépit amoureux^ et quelques Farces par lesquelles on avait coutume de terminer le spectacle, et dont l'une, le Docteur amoureux^ valut principalement à la nouvelle troupe, dans l'importante représentation du 24 octobre, la faveur du roi et de la cour. Où le poëte comique avait-il cueilli cette première moisson ? Il faut le reconnaître : c'étaient là des imitations, et l'on pourrait presque dire des traductions libres du théâtre italien.

V Étourdi^ on le sait déjà , c'était riîiavertiio de Beltrame, que nous avons analysé précédemment. Ce que Molière avait ajouté à rinavertito^ il l'avait puisé d'autre part dans rEmilia^ de Luigi Groto, ou dans FAngelica^ de Fabritio di Fornaris. Il lui restait en propre l'art avec lequel il avait su fondre ces éléments divers, en conservant la

vçrve la plus franche, le Irait le plus net et le style le plus vif qu'on eût jusqu'alors admirés sur la scène française.

Qu'était-ce encore que le Dépit amoureux f muq pièce italienne, Vhiteresse deNicoloSecchi. Toute la partie romanesque du Dépit amoureux est imi- / tée de rinteresse, et dans cette partie la pièce italienne l'emporte souvent sur la pièce française au moins par la gaieté. Nous devons essayer ici de faire connaître rinteresse, non-seulement parce que c'est une des œuvres imitées de plus près par Molière, mais aussi parce qu'elle offre un type assez remarquable de la comédie italienne ^

Les personnages sont :

Pandolfo, père de Lelio et de Virginia. — (Pantalon dans la comédie improvisée.) . Micciardo, père deFabio. — (Rôle équivalent à celui de Zanobio ou de Gassandro.).

Tebaldo, homme de confiance de Pandolfo.

Hermogène, pédagogue de Lelio.

Flaminio, amant de Virginia.

FabiOy amant de Virginia.

1. Nous avons sous les yeux l'édilion de Venise, Appresso Fabio e Agoatino Zoppini fratelli, 1587. La première édition de l'Intéresse est de 1581, mais la pièce a été composée vers le milieu du seizième siècle.

Lelio^ fille en habit d'homme, crue garçon et amante de Fabîo.

Achille^ ami de Flaminio.

Virginia^ amante de Flaminio. .

Lisette, ruffiana.

Testa,

« i valets de Flaminio.

Brmco^

Zticca^ valet de Fabio. — (Rôle d'Arlequin.)

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