‹ Molière et la comédie italienneChapitre 70 sur 121 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Tebaldo et Pandolfo.

Tebaldo vient à ses ordres. Pandolfo, après avoir rappelé la confiance qu'il a en lui et le bien qu'il

lui a fait, l'ayant, de simple valet qu'il était, intéressé dans son négoce, lui dit qu'il va lui faire confidence d'une affaire très-importanle, dont il lui recommande le secret. Pendant que Tebaldo était à Lyon où il demeura quelque temps pour les affaires de leur commerce, un jour étant, lui Pandolfo, en partie de plaisir avec Ricciardo son ami, ils vinrent sur le propos de sa femme qui était grosse. Ricciardo soutenait qu'elle accoucherait d'une fille. Il soutint qu'il aurait un garçon. Ils firent une gageure de deux mille écus. Sa femme accoucha d'une fille. Par cupidité, il publia qu'il lui était né un garçon. La nourrice, qui était seule dans le secret, mourut peu après; et jusqu'à présent Lelio, qui est la fille eh question, passe pour un garçon. Celleci, qui avance en âge, lui fait craindre quelque inconvénient. Il pense donc à déclarer la chose, et voudrait que Ricciardo se contentât de recevoir ses deux mille écus. Il voudrait que Tebaldo s'entremît à cet effet.

Tebaldo n'approuve pas la proposition . Ricciardo ne se contentera certainement pas de recevoir les deux mille écus qu'il a donnés, il voudra les deux autres mille qu'il a gagnés et les intérêts des quatre mille écus pendant quatorze ans. Son avis est qu'il faut mieux se taire encore pendant quelque

temps et observer. Il sera toujours à propos de faire la démarche proposée; quant à lui, il interrogera et surveillera Lelio.

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