‹ MolièreChapitre 52 sur 54 · ALCIBIADE, ANAXAGORE, ASPASIE · texte numérisé non relu

ALCIBIADE, ANAXAGORE, ASPASIE

vois-tu pas qii'Aspasie et moi nous avons à nous parler?

ANAXAGORE

Oui, par Jupiter, je le vois, et je vous écoute.

ALCIBIADE

Ah! tu nous écoutes!... Fort bien; il nous écoute!... Parbleu! Nous l'écoutons aussi, nous; voyons, parle, explique-nous l'orig-ine des choses, si tu crois que je viens chez Aspasie pour philosopher.

ASPASIE

Pourquoi non? Philosophons, Alcibiade. Tu voulais me dire que tu m'aimes?

ALCIBIADE

Aimer! Comme tu es froide en disant ce mot!

ASPASIE

Vous m'aimez. (EUe réfléchit un instant.) Tant pis et tant mieux.

ANAXAGORE

Une antithèse. Voilà qui menace de devenir philosophique.

ASPASIE

Tant mieux pour moi; tant pis...

ANAXAGORE

Pour Périclès; la chose est claire.

ASPASIE

Oh! les méchantes lang-ues que ces sophistes! Non, seigneur métaphysicien, tant pis pour Alcibiade.

ANAXAGORE, à Alcibiade.

La belle occasion pour te désoler et te vouer aux dieux infernaux!

ALCIBIADE

Tu te moques de moi, Anaxagore; Aspasie, vous êtes sans pitié. Je vous aimais pourtant, oui, je vous aimais. Si j'ai rempli Athènes de mes folies, peut-être, pensais-je, en fixant l'attention universelle, que j'attirerais aussi la sienne; plus on parlera autour d'elle des saillies de mon humeur frivole, plus elle en parlera ellemême, et la curiosité m'ouvrira le chemin de son cœur. Pardonnez-moi, madame; je me suis trompé; il vous faut sans doute des renommées

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