PREFACE XXXV
çaise du moyen âge n'avaient pu faire un bibliographe précis, était entré comme surnuméraire au cabinet des Manuscrits de la Bibliothèque royale; on reconnut que ses fiches manquaient d'exactitude, que ses renseignements étaient, pour la plupart, ^ fautifs et on le suspendit de ses fonctions. Méon eut Theureusé fortune de trouver un puissant protecteur en M. de Corbière, ministre de l'intérieur depuis 1821, bras droit de M. de Villéle.
L'amitié d'un grand homme est un bienfait des Dieux.
Aussi fut-il non seulement réintégré dans sa place, mais encore décoré et pensionné. Cependant de lui-même, Méon quitta la Bibliothèque du roi en 1829, et c'est alors que se posa la candidature de M. de Stendhal.
Beyle avait la chance d'avoir un appui sérieux en la personne de Jean-Jacques Champollion ', surnommé Figeac, aussi bien à cause du lieu de sa naissance que pour le distinguer de son jeune frère le célèbre « déchifFreur » des hiéroglyphes d'Egj'pte.
Les deux Champollion avaient été professeurs à Grenoble et se rappelaient leurs bonnes relations avec le grand-pére et le père de Beyle.
Champollion-Figeac était conservateur des manuscrits à la Bibliothèque royale de Paris, et c'était naturellement à lui qu'on devait s'adresser pour obtenir les renseignements nécessaires pour la place vacante.
C'est alors qu'il écrivit à M. de Mareste la lettre suivante que je retrouve dans les papiers du marquis de Pastoret - :
' Jean- Jacques Champollion, né à Figeac (Lot) ^ octobre 1778 ; décédé à Fontainebleau 9 mai 1867 ; il fut révoqué de ses fonctions à la Bibliothèque nationale le r' mars 1848 et remplacé par Jean-Barthélemy Hauréau.
* Collection Henri Cordier. •
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PREFACE
BIBLIOTHÈCIUE DU ROI
Paris, le 9 mai 1829.
Monsieur,
J'ai reçu avec un véritable plaisir la lettre que vous m'avez fait riionneur de m'écrire hier en faveur de M. Beyie. J"ai eu l'occasion et l'avantage de le voir une fois ou deux, il y a bien longtemps, mais je n'ai'pas oublié les encouragements que j'ai reçus, dans mes débuts littéraires, du docteur Gagnon son grand-père, ni les bontés de M. Beyle père quand l'administration de la ville de Grenoble m'intéressait plus directement qu'elle ne le fait aujourd'hui. Je serais donc heureux d'être en état de faire quelque chose qui pût être utile à M. Beyle, et qui pût aussi. Monsieur, vous être agréable : ce serait une revanche que je prendrais avec vous de grand cœur.
"Voici l'état de l'affaire dont vous avez bien voulu m'entretenir; La place d'employé qu'avait M. Méon est vacante de fiiit et ne l'est pas de droit. Vous voyez déjà que la diplomatie pénètre partout, même dans les affaires les plus minimes de notre établissement. La vérité est que M. Méon fut nommé employé de l'autorité et pleine science de AL de Corbière, quand cette nomination appartenait à la Bibliothèque qui ne l'avait pas demandée. Le ministre décida en même temps que, créant par son acte une place d'employé de plus qu'il n'y en avait eu jusque-là, il ne serait pas pourvu à la première vacance qui surviendrait, et c'est M. Méon lui-même qui a donné lieu à cette vacance. En droit donc, il ne doit pas y être nommé.
Si cependant l'administration de la Bibliothèque profite de ce piécèdetit et décide que l'intérêt du service exige qu'il soit pourvu à la vacance, le département des Manuscrits a l'initiative pour la présentation du candidat : j'ai une voix dans cette initiative, mais de droit seulement et non pas de fait, mes justes déférences pour M. Dacier, notre père à tous, ne me laissant que la faculté de porter son vœu au Conservatoire. C'est donc M. Dacier qui fera sa nomination, s'il y a lieu, et personne au monde ne peut avoir plus d'accès et d'influence auprès^de lui que AL le marquis de Pastoret : une antique confraternité' académique et un long échange de services mutuels et d'affectueux sentiments doivent rendre cette influence effective et fructueuse.