ORGON, DAMIS, TARTUFFE
Et comme un criminel chassez-moi de chez vous; Je ne saurois avoir tant de honte en partage, Que je n"en aie encore mérité davantage.
ORGON (à sou fils).
Ah! traître...
Voilà une des grandes scènes probantes de la pièce, une dénonciation de tentative d'aduhère très probable, n'est pas crue par le mari, après une justification jésuitique. Il est fâcheux que la vérité du caractère d'Orgon n'ait pas permis de faire durer plus longtemps le danger du Tartuffe. C'est le seul qu'il coure dans la pièce. (Voyez la réflexion générale à la fin de la pièce.)
ORGON
Vite, quittons la place.
Je te prive, pendard, de ma succession, Et te donne, de plus, ma malédiction!
Ce de plus là est un peu pamphlet. Peut-être était-il nécessaire pour sauver de l'odieux. L'âme du spectateur est sans cesse suspendue à deux pouces au dessus du fleuve de l'odieux.
Voilà Damis battu. Il faut qu'il ait une irréussite dans toutes les attaques mises sur la scène, autrement on ne les croirait pas réelles. Mais ce Damis a peu d'esprit, sans sortir de son caractère de jeune emporté de vingt-deux ans, il fallait f:iire des politesses ironiques à Tartufiè en présence du vieillard et lui payer exactement une rente de coups de bâtons, jusqu'à ce qu'il eut déguerpi.