‹ MoliereChapitre 100 sur 253 · HARPAGON, LE COMMISSAIRE, SON CLERC · texte numérisé non relu

HARPAGON, LE COMMISSAIRE, SON CLERC

LE COMMISSAIRE

Laissez-moi faire. Je sais mon métier, Dieu merci. Ce n'est pas d'aujourd'hui que je me mêle de découvrir des vols, et je voudrois avoir autant de sacs de mille francs que j'ai fait pendre de personnes.

HARPAGON

Tous les magistrats sont intéressés à prendre cette affaire en main; et, si l'on ne me fait retrouver mon argent, je demanderai justice de la justice.

LE COMMISSAIRE

Il faut faire toutes les poursuites requises. Vous dites qu'il y avoit dans cette cassette?...

Dix mille écus bien comptés ,s

LE COMMISSAIRE

Dix mille écus !

HARPAGON , en pleurant.

Dix mille écus.

LE COMMISSAIRE

Le vol est considérable.

HARPAGON

Il n'y a point de supplice assez grand pour Ténormité de

282 CIIEFS-D'OËUVRE DU THÉÂTRE FRANÇAIS.

ce crime; et s'il demeure impuni, les choses les plus sacrées ne sont plus en sûreté.

LE COMMISSAIRE

En quelles espèces étoit cette somme?

HARPAGON

En bons louis d'or, et pistoles bien trébuchantes.

LE COMMISSAIRE

Qui soupçonnez-vous de ce vol?

HARPAGON

Tout le monde; et je veux que vous arrêtiez prisonniers la ville et les faubourgs.

LE COMMISSAIRE

Il faut, si vous m'en croyez, n'effaroucher personne, et tâcher doucement d'attraper quelques preuves, afin de procéder après , par la rigueur, au recouvrement de§ deniers qui vous ont été pris.

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