‹ MoliereChapitre 135 sur 253 · CLÉONTE, COVIELLE · texte numérisé non relu

CLÉONTE, COVIELLE

CO VIELLE

Vous avez fait de belles affaires, avec vos beaux sentiments.

Que veux-tu? j'ai un scrupule là-dessus que l'exemple ne sauroit vaincre.

COVIELLE

Vous moquez-vous de le prendre sérieusement avec un homme comme cela? Ne voyez-vous pas qu'il est fou? Et vous coûtoit-il quelque chose de vous accommoder à ses chimères?

CLÉONTE

Tu as raison; mais je ne croyois pas qu'il fallût faire ses preuves de noblesse pour être gendre de Monsieur Jourdain.

COVIELLE, riant.

Ah, ah, ah.

CLÉONTE

De quoi ris-tu?

COVIELLE

D'une pensée qui me vient pour jouer notre homme et vous faire obtenir ce que vous souhaitez^

CLÉONTE

Comment?

COVIELLE

L'idée est tout à fait plaisante.

CLÉONTE

Quoi donc?

COVIELLE

Il s'est fait depuis peu une certaine mascarade qui vient le mieux du monde ici, et que je prétends faire entrer dans

une bourde que je veux faire à notre ridicule. Tout cela sent un peu sa comédie; mais, avec lui, on peut hasarder toute chose, il n'y faut point chercher tant de façons; il est homme à y jouer son rôle à merveille et à donner aisément dans toutes les fariboles qu'on s'avisera de lui dire. J'ai les acteurs, j'ai les habits tout prêts; laissez-moi faire seulement.

CLÉONTE

Mais apprends-moi...

00 VIELLE

Je vais vous instruire de tout. Retirons-nous ; le voilà qui revient.

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